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La banque de détail en France plombe toujours Société Générale / La marge d’intérêt nette attendue toutefois en amélioration
Divisé par cinq. Au troisième trimestre sur un an, le bénéfice net (part du groupe) de la banque rouge et noire a plongé de près de 80 %, à 295 millions d’euros. Que l’on se rassure, les analystes ne s’attendaient pas à des étincelles en termes de performances, la moyenne visant un montant de 194 millions d’euros, soit bien en dessous des résultats publiés par le groupe.
Le produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d’affaires pour les banques) s’est quant à lui établi à 6,19 milliards d’euros sur la période, en baisse de 6,2 % par rapport à la même période l’année dernière, "qui constituait une base de référence très élevée " a tenu à préciser la directrice financière du groupe, Claire Dumas, lors d’une conférence téléphonique.
Faible activité des crédits aux particuliers
D’autant que, lors de la présentation de son nouveau plan stratégique le 18 septembre dernier, la banque de la Défense avait déjà prévenu : certains éléments comptables exceptionnels allaient venir impacter les résultats financiers. Notamment les 340 millions d’euros de dépréciations liées à ses activités africaines, du bassin méditerranéen et d’outre-mer ainsi qu’une provision de 270 millions d’euros pour des actifs d’impôts différés.
Cependant, à cela s’ajoutent toujours les difficultés persistantes de la banque de détail en France, regroupant aussi la banque privée et l’assurance. Les encours moyens de crédits sont en recul de 4 % par rapport à la même période l’année dernière à 204 milliards d’euros avec des tendances différenciées entre la clientèle des particuliers et celles des entreprises. Ceux de crédits aux entreprises et professionnels (excluant les prêts garantis par l’Etat) restent résilients avec une progression de 1 %, portés par les crédits court terme. A l’inverse, les prêts immobiliers ont encore chuté de -5 % sur un an (après -2,8 % au trimestre précédent) " du fait d’une politique d’octroi sélective du groupe initiée depuis mi-2022 " a précisé la directrice financière, souhaitant toujours ainsi limiter l’impact du taux d’usure.
L’on notera néanmoins la bonne dynamique de BoursoBank (nouveau nom de sa banque en ligne Boursorama) qui reste au troisième trimestre le leader de la banque en ligne avec la conquête record de 412 000 nouveaux clients, soit 5,4 millions de clients à fin septembre 2023.
Un pic atteint
Au total, le bénéfice net de la banque de détail en France a chuté de 65,3 % sur un an à 110 millions d’euros tandis que le PNB a perdu 16,4 % à près de 1,88 milliard d’euros. "La baisse des revenus du groupe est imputable (notamment) à l’impact négatif dans la banque de détail en France des couvertures court terme de la marge nette d’intérêt, dont l’impact a atteint son maximum au troisième trimestre", a souligné Claire Dumas.
De fait, en raison de la hausse des taux sur les livrets réglementés, la marge nette d’intérêt (excluant les plans épargne logement et les comptes épargne logement) est en recul sur la période de -27 % tandis que les commissions chutent de -2 % par rapport au troisième trimestre 2022. "En 2023, nous attendons désormais une marge d’intérêt en baisse de plus de 20 % par rapport à 2022 (contre une fourchette comprise entre -15 % et -20 % annoncée lors du Capital market day). Nous anticipons par ailleurs une amélioration progressive de celle-ci au cours des prochains trimestres en commençant par une légère hausse attendue au quatrième trimestre. Elle devrait atteindre en 2024 un niveau au moins égal à celui de 2022 ", a voulu rassurer la directrice financière.
Coût du risque revu encore à la baisse
Pour le reste, la plupart des métiers auront connu une bonne dynamique commerciale au cours du trimestre passé. La banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs a vu ses revenus rester stables à 2,31 milliards d’euros. Le bénéfice net de 647 millions d’euros est pour sa part en progression de 7,7 % au troisième trimestre. Un mieux porté entre autres par les métiers de financement et de conseil qui affichent un record pour un troisième trimestre avec des revenus en hausse de 2,1 % sur un an à 827 millions d’euros.
La banque a par ailleurs revu son objectif annuel de coût du risque, à moins de 20 points de base contre un objectif préalable inférieur à 30 points de base. "Le coût du risque a été contenu sur l’ensemble de nos métiers. Au niveau du groupe, il s’établit à 21 points de base au troisième trimestre et à 15 sur les neuf premiers mois de l’année, ce qui démontre une fois de plus la qualité de nos actifs ", s’est félicitée Claire Dumas.
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