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Le marché automobile européen victime d’une panne allemande / Renault s’en tire beaucoup mieux que Stellantis

L’arrêt des subventions aux véhicules électriques en Allemagne a fortement pesé sur le marché automobile européen en décembre. Le bilan de l’année reste néanmoins largement positif. Sur le podium des constructeurs, Volkswagen poursuit sa course en tête, Stellantis est à la peine, alors que Renault se redresse.
Le marché automobile européen a reculé en décembre après 16 mois consécutifs de hausse - Photo by Ina FASSBENDER / AFP
Le marché automobile européen a reculé en décembre après 16 mois consécutifs de hausse - Photo by Ina FASSBENDER / AFP

Cela ne pouvait pas durer indéfiniment. Pour la première fois depuis 16 mois, les immatriculations de voitures neuves dans l’Union européenne (UE) ont reculé en décembre. Elles ont diminué de 3,3 % sur un an le mois dernier, à 867.000 unités, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea). On le sentait venir après la progression de 6,7 % de novembre, déjà moitié moindre que celle d’octobre. À monter continuellement depuis aussi longtemps, le marché faisait logiquement face à une base de comparaison de plus en plus difficile. Pour mémoire, ces mêmes immatriculations avaient grimpé de 12,8 % en décembre 2022, ce qui marquait alors un cinquième mois consécutif de hausse après l’année noire du Covid-19, tandis que s’atténuaient les tensions d’approvisionnement en composants électroniques. La baisse de décembre 2023 "peut être attribuée à la performance de référence élevée de décembre 2022", estime ainsi l’Acea.

Mais ce n’est qu’une partie de l’explication. Car ce premier ralentissement en 17 mois provient en particulier d’Allemagne, le premier marché automobile de l’Union européenne (UE) où les immatriculations ont chuté de 23 % (à 314 318 unités) le mois dernier sur un an, alors qu’elles ont continué de progresser en France (+14,5 % à 158 027 unités), en Italie (+5,9 %) et en Espagne (+10,6 %). Hors UE, elles ont aussi augmenté de 8,9 % au Royaume-Uni, pour ne citer que les plus gros marchés.

 

Trou d’air dans l’électrique

 

Et cette panne allemande ne relève pas du hasard. Elle résulte de la brusque décision prise le mois dernier par le gouvernement allemand de mettre fin aux aides à l’achat d’une voiture électrique. Concrètement, les demandes d’aides ne sont plus acceptées depuis le 18 décembre, la conséquence d’un tour de vis budgétaire de Berlin après que la Cour constitutionnelle allemande a estimé que le gouvernement avait enfreint les règles en réaffectant des dépenses de 60 milliards d’euros, prévues dans le cadre de la pandémie, à la lutte contre le réchauffement climatique.

Résultat, en décembre 2023, les ventes de voitures neuves à batterie ont diminué pour la première fois depuis avril 2020 (lors du pic de la pandémie de COVID-19), chutant de 16,9 % pour atteindre 160 700 unités, et elles ont littéralement plongé de 47,6 % en Allemagne, le plus grand marché pour cette source d’énergie. Même punition s’agissant des ventes de voitures électriques hybrides rechargeables qui ont terminé l’année en recul de 40,2 % avec 71 546 unités en décembre, les hausses enregistrées en Belgique (+19,7 %) et en France (+17,3 %) n’ayant pas suffi à compenser la dégringolade allemande (-74,4 %).

Pour autant, le bilan de l’ensemble de l’année 2023 ressort positif. Le marché automobile de l’UE a enregistré l’an dernier une solide progression de 13,9 % par rapport à 2022, atteignant un volume annuel de 10,5 millions d’unités, tous les pays de la zone ayant contribué positivement à cette croissance, à l’exception de la Hongrie (-3,4 %). Des gains à deux chiffres ont été enregistrés sur la plupart des marchés, en particulier chez les poids lourds que sont l’Italie (+18,9 %), l’Espagne (+16,7 %) et la France (+16,1 %). Sans surprise, l’Allemagne a enregistré une hausse plus modeste de 7,3 % en glissement annuel, pénalisée par ses performances plus faibles en décembre.

En termes de source d’énergie par ailleurs, le recul de décembre n’a pas empêché les voitures électriques à batterie de s’imposer comme le troisième choix en 2023 avec une part de marché de 14,6 % pour l’ensemble de l’année, dépassant le diesel, qui est resté stable à 13,6 %. Les voitures à essence restent en tête avec 35,3 %, tandis que les voitures hybrides-électriques occupent la deuxième place, avec une part de marché de 25,8 %.

 

Renault se redresse

 

A côté d’un bilan annuel globalement positif, la situation par constructeur est contrastée. Le leader Volkswagen a continué de creuser l’écart, avec des ventes en hausse de 18 % sur l’année et une part de marché portée à 26,1 %. Le groupe automobile allemand aux multiples marques (Volkswagen, Audi, Seat, Skoda, Porsche…) a d’ailleurs fait mieux que résister en décembre, avec des ventes en hausse de 1,1 %, quand celle de son concurrent franco-italo-américain Stellantis, à la tête de 14 marques, plongeaient de 19,2 %. Les ventes de ce dernier ont seulement progressé de 2,9 % sur l’ensemble de 2023, avec une part de marché ramenée à 17,8 %, contre 19,7 % en 2022, après 21,9 % en 2021. On ne peut pas nier que la stratégie de privilégier les marges aux volumes donne des résultats impressionnants sur la rentabilité, mais l’on peut se demander si elle ne trouvera pas un jour ses limites du côté des volumes.

Renault, de son côté, tire bien son épingle du jeu. Le groupe aux trois marques (Renault, Dacia, Alpine), qui a fait état mercredi d’un rebond de 9 % de ses ventes mondiales en 2023 par rapport à 2022, mettant fin à une série de quatre années consécutives de baisse des volumes, a connu en particulier une belle année en Europe. Malgré un recul de 4,5 % en décembre, ses immatriculations ont grimpé de 16,9 % dans l’UE l’an dernier, ce qui lui a permis de faire remonter sa part de marché à 10,9 %, à comparer aux 10,6 % de 2022. Si la stratégie conduite par Luca de Meo privilégie aussi les marges, l’offensive produits du constructeur a des effets visibles. Et, deux mois après la journée investisseurs spécialement dédiée à Ampere, son entité de véhicules électriques, il est encourageant de constater que les Renault Austral, Clio et Captur figurent parmi les dix modèles électrifiés les plus vendus en Europe l’an dernier.

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