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Dassault Systèmes

Sanction boursière historique pour Dassault Systèmes / Ses ventes de logiciels ralentissent

L'éditeur de logiciels de conception et fabrication assistées par ordinateur voit ses ventes de licences faiblir. En particulier, l’atonie de son activité dans les sciences de la vie pèse sur ses prévisions pour 2024. Dassault Systèmes a perdu 8,5 milliards d’euros de capitalisation boursière en deux jours.
L'atonie de la demande dans les sciences de la vie pèse sur les perspectives d'activité de Dassault Systèmes - Photo by Frederic J. BROWN / AFP
L'atonie de la demande dans les sciences de la vie pèse sur les perspectives d'activité de Dassault Systèmes - Photo by Frederic J. BROWN / AFP

Plus de 12% de baisse en deux séances. Il faut remonter à la crise financière de 2008 pour observer une correction aussi violente du cours de Bourse de Dassault Systèmes. Et pourtant les résultats 2023 publiés jeudi par l’éditeur de logiciels désormais dirigé par Pascal Dalloz, qui a pris la suite de Bernard Charlès en janvier, se sont de prime abord révélés globalement conformes aux attentes. Mais pas suffisants pour contenter le marché, surtout lorsqu’ils sont assorties de prévisions décevantes dans un contexte d’incertitude macroéconomique.

Le chiffre d'affaires s'est inscrit à 5,95 milliards d'euros l'an dernier, en hausse de 9% à taux de change constants par rapport à 2022, là où le consensus FactSet des analystes prévoyait 5,96 milliards d’euros. Et le bénéfice par action s’est établi à 1,20 euro, en croissance de 12% à taux de changes constants, exactement comme anticipé. Celui-ci marquant d’ailleurs un doublement en cinq ans, comme promis en 2018.

Derrière le satisfecit convenu, il y a plusieurs déceptions. L’une d’entre elles concerne la faiblesse des ventes de licences, un indicateur scruté par les analystes : elles ont reculé de 4% à 352 millions d’euros au quatrième trimestre 2023.

 

Les sciences de la vie pointée du doigt

 

Lorsqu'on entre dans le détail, un élément qui peut expliquer la chute du cours de Bourse de Dassault Systèmes "est sans hésitation la performance de Medidata", soulignent les analystes d’Oddo BHF. Cette filiale spécialisée dans les solutions à destination de la recherche médicale, et principal moteur de la croissance de l'activité Sciences de la vie, n’a pas connu le rebond attendu de ses revenus au quatrième trimestre. Le segment a progressé de seulement 2%, les analystes d’UBS allant jusqu’à qualifier cette activité de "moribonde".

Une atonie liée à la baisse persistante des volumes d’essais cliniques de la part des clients du secteur des biotechnologies. Et la demande ne fait pas mine de s’améliorer, ce qui se voit dans les prévisions du groupe pour 2024.

Les effets décalés de la réduction des volumes de Medidata l'an dernier vont ralentir la croissance du chiffre d’affaires, a convenu Rouven Bergmann, le directeur financier, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes. De fait, la prévision donnée par l’entreprise pour l'année en cours d’un chiffre d'affaires compris entre 6,35 milliards et 6,43 milliards d'euros, en hausse de 8% à 10% à taux de change constants par rapport à 2023, s’avère inférieure aux 6,5 milliards d'euros anticipés par le consensus. Ce qui pourrait conduire à une deuxième année consécutive en-dessous de l’objectif de moyen terme d’une croissance à deux chiffres présenté lors du Capital Markets Day de juin dernier.

 

Une prévision de marge sous les attentes

 

D’autre part, la rentabilité attendue cette année déçoit aussi. Puisque Dassault Systèmes vise une marge opérationnelle de 32,5% à 32,8% en 2024, au lieu des 33,1% prévus par le consensus, alors que "le groupe avait précédemment indiqué s'attendre à retrouver cette année une marge équivalente aux 33,4% de 2022", rappelle UBS.

Tout n’est pas noir cependant. Puisque si le chiffre d’affaires logiciel en Science de la vie demeure ralenti, le segment innovation industrielle fait preuve d’un fort dynamisme, ayant progressé de 11% au quatrième trimestre, avec des solutions et outils de simulation en croissance à deux chiffres. D’autre part, la part du chiffre d’affaires récurrent continue à augmenter : elle atteint désormais 80% du chiffre d'affaires logiciel, contre 78% en 2022. Et, comme l’a souligné Rouven Bergmann, "nous avons atteint une position financière nette positive après avoir désendetté le groupe environ trois ans après l’acquisition de Meditata". De quoi aider à relativiser la perte de 8,5 milliards d’euros de capitalisation boursière des deux derniers jours.

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