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Bpifrance prouve qu’elle peut être sur tous les fronts / Un impact décidément essentiel à l'économie française
Fêter ses dix ans d’existence en 2023 valait bien l’obtention de quelques trophées sur l’année. Bpifrance a présenté aujourd’hui son bilan de l’exercice écoulé : avec 63 milliards d’euros injectés dans l’économie, c’est un niveau record d’activité qui a ainsi été atteint. Tout cela doublé d’une autre médaille, mais cette fois en matière de volumes. Selon les données de PitchBook publiées au mois de février, la banque publique d’investissement française est devenue le numéro un européen et le numéro deux mondial en nombre d’investissements en private equity l’année passée. Les investissements en capital-développement de Bpifrance se sont ainsi élevés à 1,7 milliard d’euros en 2023, dans plus de 200 entreprises - avec une progression notable dans les small et mid cap -.
"Cela veut dire que notre société de gestion tourne. Et toujours dans le respect de la performance financière", a ainsi soutenu le directeur général de la banque, Nicolas Dufourcq, à l’occasion de la présentation du bilan ce jeudi. En effet, par exemple, les équipes généralistes et thématiques de PME ont réalisé 88 opérations de cessions pour 332 millions d’euros en 2023, ce qui représente une progression de 44 % par rapport à l’année précédente, le tout, pour un multiple moyen de 3 fois.
Un vent d’innovation
Autre record : celui de l’activité de soutien à l’innovation, avec 9,42 milliards d’euros mobilisés en ce sens. Elle a été plus que doublée d’une année sur l’autre. Il faut dire que l’accélération du déploiement de France 2030 a produit ses effets. Nicolas Dufourcq a d’ailleurs qualifié 2023 comme "historique sur le financement de l’innovation. Nous y avons injecté près de 10 milliards d’euros. Cela s’élevait à 700 millions d’euros en 2013. Cette année était la grande année de France 2030". De fait, alors que la banque est le principal opérateur du plan d’investissement, c’est plus de 90 % de l’activité de financement de l’innovation qui aura été portée par ce dernier.
Il y a aussi le niveau (à nouveau) historique des crédits accordés au soutien des entreprises françaises, pour un total de 18,7 milliards d’euros. "Nous sommes une banque qui parle au cœur des entrepreneurs pour transformer les intentionnistes en actifs, donner du courage aux ambitions, agir comme un catalyseur. Une banque qui contamine", a résumé Nicolas Dufourcq.
Pousser au vert
Une banque qui veut donc contaminer et notamment sur les sujets de fond. En témoignent les 7 milliards d’euros accordés par Bpifrance en 2023 en faveur de la transition écologique et énergétique (TEE) des entreprises, qui se répartissent sur l’ensemble de ses métiers. Du côté du financement par exemple, 3,3 milliards d’euros ont été déployés sur des prêts TEE, dans le financement de l’immobilier vert ou de projets d’ENR (au nombre de 120). Sur l’activité fonds de fonds, également, puisque 1,9 milliard ont été levés par les fonds partenaires de Bpifrance centrés sur la transition écologique. Ou, encore, du côté de l’export ou de l’accompagnement. Sur ce dernier point, 2 100 diagnostics ont été réalisés, dont 1 500 au travers du dispositif Diag Décarbon’action en partenariat avec l’Ademe.
Un accompagnement extra-financier des entrepreneurs cher à la banque publique d’investissement, qui a fait évoluer sa mission en ce sens depuis sa création. Bpifrance peut même se targuer d’avoir atteint un niveau record de missions de conseil. En 2023, plus de 6 000 d’entre elles ont été réalisées, tandis que 70 000 dirigeants ont été formés. Restent enfin les accélérateurs, ces promotions d’entreprises réunies au regard d’un secteur ou de problématiques particulières afin de se perfectionner ou de changer d’échelle. Le total des entreprises accélérées (les alumnis et les actifs) s’est ainsi apprécié de 30 % sur un an.
Un nouveau plan stratégique
Bien sûr, comme pour l’ensemble de l’économie, l’année 2023 a aussi pénalisé certaines des activités de Bpifrance. Du côté du capital-innovation, par exemple, elle s’est contractée de 7 %. Mais puisque les montants des fonds levés, en capital-risque, ont chuté de 40 % entre 2022 et 2023, la banque semble toutefois avoir plutôt bien résisté. "Nous avons joué notre rôle contracyclique", a rappelé Nicolas Dufourcq. Surtout, l’activité de capital-innovation de Bpifrance aura été un soutien de taille au regard de l’ensemble de ses axes stratégiques. En effet, 505 millions d’euros ont été investis dans la deeptech, 520 millions d’euros dans des start-ups industrielles, 289 millions dans les greentech, 138 millions d’euros dans les start-ups de l’innovation, 117 millions d’euros dans la French Care et 28 millions d’euros dans la French Touch.
Et puis, pour la suite, l’année 2024 marquera aussi le début de la mise en œuvre d’un nouveau plan stratégique, à l’horizon 2028. Ses axes de développement restent bien alignés sur la stratégie de Bpifrance. Pêle-mêle, ils concerneront évidemment l’industrie, le climat, la Tech, l’accompagnement des entrepreneurs, ou encore la gestion pour compte de tiers et retail, le digital, la RSE… une feuille de route logiquement assortie d’objectifs chiffrés. La ligne de conduite devrait en tout cas rester claire : soit de pousser les entrepreneurs français à se lancer, soit à encourager les entreprises existantes à changer d’échelle. "En dix années d’impact, nous avons transformé 1 700 PME en ETI. Ce n’est que le début de l’histoire", a fait valoir Nicolas Dufourcq.
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