Private Equity
Private Equity
2023, une année sans précédent pour le private equity / La création de valeur n’est plus une option
L’on ne peut pas se le cacher, l’année 2023 aura été très compliquée pour le private equity. "Même si la forte baisse des transactions fin 2022 et début 2023 fait écho à la période qui a suivi la crise financière mondiale de 2008-2009, la situation à laquelle le secteur est confronté aujourd’hui est largement sans précédent", peut-on lire dans le dernier rapport de Bain & Company sur le private equity.
Avec la hausse des taux d’intérêt, la valeur et le nombre de transactions auront chuté respectivement de 60 % et de 35 % par rapport à leurs sommets de 2021. "La dette est chère donc monter des deals était complexe. Il fallait trouver d’autres financements", constate Doris Galan, associée chez Bain et directrice de la practice Private equity chez Bain à Paris qui souligne que, dans le même temps "les levées de fonds ont été plus difficiles que jamais". La valeur de sorties a chuté de 66 % à 345 milliards de dollars, du jamais vu depuis 2016 tandis que le nombre de fonds clôturés a baissé de 55 % l’année dernière.
Une situation qui ne plaît pas aux investisseurs. " Les LPs attendent des retours sur leurs investissements, ils exercent donc une forme de pression pour pouvoir réallouer de l’argent sur d’autres grands fonds ", commente-t-elle. D’autant que si normalement, un retour est constaté au bout de 7 ans, il faudrait attendre 10 ans avec le cycle actuel. Selon le rapport, la question des sorties apparaît donc comme le problème le plus urgent alors que les entreprises détenues depuis quatre ans ou plus représentaient l’an dernier près de la moitié du total, soit le niveau le plus élevé depuis 2012.
L’associée chez Bain veut cependant se montrer positive. "Les fondamentaux de l’industrie sont solides. Le secteur a déjà connu des cycles baissiers. Nous sommes raisonnablement confiants sur un retour de la croissance d’autant que les taux d’intérêt sont en train de se stabiliser et que certains segments, tels que le buy out, montrent déjà un frémissement depuis le mois de janvier", assure Doris Galan.
Il faut dire que le niveau de dry powder (poudre sèche) cumulée, du fait de l’attente d’une conjoncture économique plus favorable, a atteint un niveau record, de 1 200 milliards de dollars et est prête à être déployée. Mais pour Bain, les sociétés qui se démarqueront seront celles qui sauront se concentrer sur la création de valeur. " Le levier ne suffit plus, la croissance rentable dans les entreprises n’est plus une option. Les meilleurs deals sont ceux qui créent des revenus et de la marge ", explique-t-elle. Pour y parvenir, tous les leviers devront être utilisés. "Plusieurs axes de réflexion ont été identifiés comme dynamiser la profitabilité pour obtenir des dividendes et sortir plus vite ; rester plus longtemps pour s’assurer d’un retour plus fort, le recours à des fonds de continuation, voire à des ressources additionnelles si la sortie s’annonce plus compliquée que prévu", a détaillé Jérôme Brunet, associé de Bain & Company.
Il leur faudra aussi gérer l’ensemble de leur portefeuille en évaluant la situation de chaque société en termes de profil de rendement, de structure de capital, de perspectives d’avenir et de synergies. La société de conseil estime à 28 000 le nombre de sociétés détenues en portefeuille, représentant 3 200 milliards de dollars d’invendus.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

