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Vivendi nettoie son portefeuille / Et la France perd son dernier poids lourd de la billetterie
Il est certes des domaines d’activités bien plus stratégiques, mais force est de constater que l’essentiel des activités françaises de billetteries vient de passer sous pavillon allemand en quelques mois. Après avoir pris le contrôle l’an dernier de France Billet en rachetant 17% supplémentaires de son capital auprès de Fnac Darty, le groupe d’outre-Rhin CTS Eventim vient cette fois-ci de conclure avec Vivendi le rachat ses activités de festivals et de billetteries à l’international.
Le géant français des médias a annoncé mardi avoir signé une promesse d’achat reçue de ce leader européen de la billetterie en vue d’une conclusion de l’opération "dans les prochains mois". Les choses sont donc allées vite depuis le mandat exploratoire que le groupe, dirigé par Arnaud de Puyfontaine, avait confié en septembre dernier à une banque pour trouver un acquéreur.
S’il n’a pas été communiqué, le montant de la transaction restera peu significatif à l’échelle du groupe. Les activités de billetterie et de festivals de Vivendi que CTS Eventim est amené à acquérir ont réalisé un chiffre d’affaires de 137 millions d’euros en 2023, dont la grande majorité (105 millions d’euros) est générée par la billetterie See Tickets, essentiellement au Royaume-Uni, où elle est le numéro deux, suivie du marché américain. De leur côté, les activités de festivals concernées par l’accord (Garorock dans l’Hexagone ou encore Love Supreme, Nocturne et Kite en Grande-Bretagne) ont généré un chiffre d’affaires supplémentaire de 32 millions d’euros.
Le fait est que cette cession s’inscrit dans l’ordre des choses pour Vivendi, dans la mesure où ni See Tickets, qui a vendu quelque 43 millions de billets l’an dernier, ni l’activité de festivals, dont les événements ont rassemblé 400 000 personnes au cours de l’été 2023, n’ont atteint la taille critique. A titre de comparaison, le numéro un mondial, l’américain Ticketmaster (filiale de Live Nation) vend chaque année plus de 500 millions de billets dans le monde.
L’opération, qui va marquer la vente d’un autre pan des activités musicales du groupe - depuis la distribution en 2022 à ses actionnaires de 60 % du capital d’Universal Music Group – vient ainsi nettoyer le portefeuille d’une activité non essentielle en vue de la restructuration à venir des activités en quatre entités. Un éclatement à l’issue duquel l’actionnaire actuel de Vivendi se retrouvera actionnaire de groupe Canal +, du publicitaire Havas, ainsi que d’une nouvelle société regroupant les actifs du groupe dans l'édition et la distribution (Lagardère et Prisma Media), la quatrième étant un véhicule d'investissement appelé à détenir des participations financières cotées et non cotées dans les secteurs de la culture, des médias et du divertissement.
Le projet, que le groupe dirigé par Arnaud de Puyfontaine veut faire aboutir d’ici à la fin du premier semestre 2025, vise à la fois à réduire décote de conglomérat de Vivendi en Bourse, et à redonner davantage de flexibilité financière à Canal+ et Havas pour réaliser des opérations de croissance externe. Le premier cité n'ayant toutefois pas attendu. Le groupe audiovisuel doit lancer une OPA sur l'ensemble du capital du géant sud-africain de la télévision MultiChoice avant le 8 avril, après avoir accumulé plus de 35% des actions de sa cible.
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