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Les perspectives prudentes de JP Morgan occultent ses résultats / Jamie Dimon exprime certaines inquiétudes
Ils ont beau être solides, les résultats du premier trimestre 2024 des banques américaines reflètent le passé. Une réalité dont les investisseurs ont pris soudain conscience à la lecture de ceux de JP Morgan, dont le cours de Bourse décrochait vendredi de près de 5% à Wall Street, signant la plus forte baisse de l’indice Dow Jones.
Tout le monde sait que l’effet d’aubaine pour le secteur lié à la hausse des taux opérée par de la Réserve fédérale (Fed) entre mars 2022 et juillet 2023 est voué à amorcer cette année sa décrue. Or, cette phase de normalisation a débuté. Car si le revenu net d’intérêt de 23,2 milliards de dollars dégagé par JP Morgan sur les trois premiers mois de 2024 a progressé de 11% (ou de 5% hors la banque régionale First Republic rachetée en mai dernier) par rapport au premier trimestre de 2023, ce même RNI a diminué de 4 % en séquentiel (par rapport au quatrième trimestre 2023) et de 2 % hors activités de marché, sous l’effet de la compression des marges dans le pôle CCB (pour Consumer & Community Banking), qui regroupe les activités de banque de détail dédiées aux particuliers et petites entreprises.
La hausse des taux d'intérêt a permis l’an dernier à la plus grande des banques américaines de réaliser des bénéfices records. Elle a pu relever les taux auxquels elle prêtait tout en n’augmentant que très lentement la rémunération des dépôts de ses clients. Désormais, alors les taux d'intérêt restent élevés, les clients délaissent les dépôts à faible taux d'intérêt et d'épargne pour se tourner vers des produits à plus haut rendement. Une tendance appelée à perdurer, alors que dans le même temps, la trajectoire suivant laquelle la Fed devrait commencer à réduire ses taux va commencer à peser. Bien qu'elle ait récemment révisé à la hausse ses prévisions d’inflation sous-jacente, la banque centrale américaine continue en effet d’anticiper trois baisses de taux pour 2024.
De ce fait, "nous nous attendons à ce que la normalisation se poursuive à la fois pour le RNI et les coûts du crédit. ", a ainsi indiqué Jamie Dimon, le PDG de l’établissement. C’est pourquoi JP Morgan anticipe que son revenu net d'intérêt va stagner cette année, pour s’établir autour de 89 milliards de dollars, une estimation inférieure aux 90,68 milliards de dollars sur lesquels tablaient en moyenne les analystes.
Ces prévisions prudentes occultent ainsi les solides résultats publiés pour le trimestre écoulé, le résultat net ayant progressé de 6%, pour s’élever à 13,42 milliards de dollars, pour des revenus en hausse de 8%, à 42,5 milliards de dollars. Avec notamment des revenus de banque de financement et d’investissement (CIB) qui se sont stabilisés, soutenus par une hausse de 21% des commissions reflétant l'amélioration des activités DCM (debt capital market) et ECM (equity capital market).
"De nombreux indicateurs économiques restent favorables. Toutefois, pour l’avenir, nous restons attentifs à un certain nombre de forces incertaines importantes", a souligné Jamie Dimon, évoquant à la fois une géopolitique inquiétante et "un grand nombre de pressions inflationnistes persistantes, qui pourraient probablement perdurer".
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