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ArcelorMittal croit dur comme fer à la reprise / Question de timing

ArcelorMittal a renoué avec les profits au premier trimestre 2024, après ses lourdes pertes de la fin 2023. La reprise des volumes et le raffermissement des prix observé depuis le début de l’année viennent conforter le scénario du groupe d’une reprise de la consommation mondiale d’acier cette année, tirée par l’Inde, entre autres.
Aditya Mittal, le directeur général d'ArcelorMittal - Photo by John THYS / AFP
Aditya Mittal, le directeur général d'ArcelorMittal - Photo by John THYS / AFP

Le cycle de l’acier est probablement en train de dépasser son point bas. C’est le principal enseignement que l’on peut tirer des résultats meilleurs qu’attendus réalisés au premier trimestre 2024 par ArcelorMittal. "L’amélioration de l’environnement tarifaire, combinée à la reprise des volumes, s’est traduite par des résultats trimestriels plus élevés d’un trimestre à l’autre", a commenté jeudi Aditya Mittal, le directeur général du sidérurgiste luxembourgeois, numéro deux mondial du secteur, mais mieux placé pour en percevoir les tendances que le numéro un, le chinois China Baowu Group, qui écoule l’essentiel de sa production sur son marché intérieur.

Le fait est que si tous les indicateurs financiers du groupe s’inscrivent en baisse par rapport au premier trimestre 2023, ils progressent par rapport au quatrième trimestre 2023. C’est le cas des expéditions d’acier, qui se sont établies à 13,5 millions de tonnes, contre 14,5 millions de tonnes un an plus tôt, mais 13,3 millions de tonnes au quatrième trimestre de 2023. Cet effet volume, combiné à la hausse de 4,8 % des prix de vente d’un trimestre à l’autre, a permis au chiffre d’affaires de s’établir à 16,3 milliards de dollars au premier trimestre, loin des 18,5 milliards de dollars d’il y a un an mais assez nettement au-dessus des 14,6 milliards de dollars du quatrième trimestre 2023.

 

12 % de marge d’Ebitda

 

Idem pour l’excédent brut d’exploitation (Ebitda), remonté à presque 2 milliards de dollars, en dessous des 2,1 milliards de dollars du premier trimestre 2023, mais supérieur au résultat de 1,45 milliard de dollars des trois derniers mois de 2023. Le constat s’avère encore plus probant pour le résultat opérationnel, passé d’une perte de 2 milliards de dollars au quatrième trimestre 2023 à un bénéfice de plus d’un milliard de dollars au premier trimestre 2024. Et pour le résultat net, en bénéfice de 938 millions de dollars après la perte 3 milliards de dollars du trimestre précédent.

Des performances qui d’ailleurs s’avèrent toutes supérieures aux anticipations. En particulier, la marge d’Ebitda a atteint 12 % sur le trimestre écoulé, quand les analystes du consensus FactSet l’anticipaient à 10,7 %, tandis que le bénéfice net annoncé dépasse de 26 % leurs attentes (725 millions de dollars).

Cette solidité, le groupe la doit notamment à sa large présence géographique. "L’Amérique du Nord est restée la plus performante grâce à des prix plus élevés et de bons volumes, le Brésil a suivi le mouvement malgré une saisonnalité défavorable", observe le cabinet Oddo BHF. L’Ebitda s’est ainsi envolé de 60 % en Amérique du Nord et au Brésil. La progression a été plus modérée en Europe (+21 %), limitée par la hausse des matières premières.

 

"Wait-and-see"

 

Des progrès d’autant plus encourageants qu’ils ont été réalisés alors que "dans l’ensemble, le contexte économique reste morose, les clients restent dans l’expectative et l’on n’observe pas encore de reconstitution des stocks", indique ArcelorMittal. Pour peu qu’une reprise de la demande se fasse jour, l’effet de levier sur les résultats n’en serait que plus important. "Plus de 60 % de l’Ebitda est exposé aux marchés en croissance ", rappellent à cet égard les analystes de Jefferies.

Sans préjuger du timing de la reprise, "le sentiment semble avoir atteint un plancher ", estime le groupe. Et vu la faiblesse des stocks, en particulier en Europe, tout rebond de la demande réelle devrait se traduire automatiquement dans la demande apparente, sans décalage lié à l’utilisation de stocks puisqu’ils sont au plus bas.

Après avoir connu en 2023 sa troisième récession en quatre ans, la consommation mondiale d’acier pourrait donc amorcer sa reprise. Si la toile de fond économique demeure terne, et malgré des signes de reprise encore difficiles à percevoir en particulier en Europe, justifiant l’attitude de "wait-and-see" des clients, Arcelormittal estime que consommation apparente d’acier dans le monde, hors Chine, devrait progresser de 3 % à 4 % en 2024 par rapport à 2023, tirée par l’Inde, suivie par l’Europe, les États-Unis et le Brésil. Un scénario auquel les investisseurs sont tentés de commencer à souscrire. En recul de 7 % depuis le début de l’année, l’action ArcelorMittal gagnait près de 2 % jeudi, à 24 euros.

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