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Des introductions en Bourse plus qu’essentielles à l’attractivité de Paris / Devenir un centre financier incontournable reste un travail de longue haleine
Si la France a conservé, en 2023 et pour la cinquième année consécutive, sa place du pays le plus attractif d’Europe selon le rapport annuel d’EY, quelques signaux moins encourageants se lisent entre les lignes. S’agissant d’attirer des centres de décision ou plus généralement le secteur financier, les projets d’investissements ont encore une marge de progression. Certes, d’année en année, et notamment depuis le Brexit, Paris fait de plus en plus valoir ses atouts. Mais se coiffer du titre de centre financier incontournable reste un travail de longue haleine. Pour le député Renaissance, Alexandre Holroyd, qui intervenait mardi à l’évènement Future of Finance de Bloomberg : "L’attractivité est une compétition constante, elle ne concerne pas seulement la fiscalité ou les taxes. […] C’est un ensemble significatif d’actifs qui inclut aussi le vivier de talents ou les standards de vie ".
Un appel aux investisseurs
Alors qu’il porte une proposition de loi visant, justement, à accroître le financement des entreprises et l’attractivité de la France, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale et désormais entrée en examen au Sénat, le parlementaire représentant les Français établis hors de France, a assuré que cette loi ne serait pas une fin en soi. "Seulement une partie du processus", a souligné Alexandre Holroyd. Effectivement, elle s’attaque notamment à un sujet qui pêche encore côté français : soit celui de pousser les entreprises à s’introduire en Bourse à Paris plutôt qu’à l’étranger. Pour susciter leur appétit, la proposition de loi d’Alexandre Holroyd vise par exemple à leur permettre de se coter à Paris avec des droits de vote multiples, à simplifier les augmentations de capital sans droit préférentiel de souscription, ou, encore, à digitaliser les processus de gouvernance – tenue des conseils d’administration, assemblée générale, etc. – qui sont particulièrement réglementés en France. "La question est de savoir comment nous pouvons créer du désir à réaliser des IPO chez nous", a résumé le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq.
De son avis, le manque à gagner viendrait surtout des investisseurs, alors qu’Euronext planche notamment sur le sujet, afin de faire de la place parisienne une terre d’accueil privilégiée pour les entreprises. Chez Bpifrance, un club d’investisseurs "cornerstone" a aussi par exemple été créé. Le but : permettre aux sociétés de présenter leur projet à de potentiels investisseurs en amont des introductions en Bourse. De quoi faciliter les rencontres et les processus.
Un point essentiel, pour Ingrid Garin, Head of markets, European Bank, de BNY Mellon. "Je ne peux que souligner l’importance de faire du business d’une manière simple", a-t-elle relevé. Vision paneuropéenne à son actif, son constat reste clair : "Le "buzz" de Paris est réel, car de la flexibilité et des opportunités pour les fonds d’investissement et les banques ont été créées. Mais c’est un parcours, la flexibilité est toujours un sujet".
Une force de frappe européenne
Quoi qu’il en soit, l’attractivité de la France passera aussi par celle de l’Union européenne dans son ensemble. Les participants à la table ronde l’ont, de fait, souligné. L’Union des marchés des capitaux sera essentielle à construire pour faire de l’Europe une place financière compétitive. "Il n’y a pas de contradiction entre l’attractivité de Paris, en tant que centre financier, et le fait que nous poussions un agenda européen, car nous souhaitons être un centre financier global", a de son côté rappelé le directeur général en charge des politiques et affaires internationales de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Jérôme Reboul. "Nous tentons de construire le meilleur des environnements compétitifs, ce qui inclut aussi la qualité de notre supervision", a-t-il poursuivi, alors même que l’attractivité de la place parisienne est clairement énoncée dans le plan stratégique du régulateur.
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