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Eric Lombard ne cache pas ses préoccupations au sujet du groupe La Poste / Une charge de 800 millions d'euros jugée très lourde
Un an et demi après sa reconduction à la tête de la Caisse des Dépôts (CDC), l’heure était à un premier point d’étape pour Eric Lombard qui était auditionné, ce mercredi matin, par la Commission des finances du Sénat.
Une mission d’intérêt général
L’occasion pour le directeur général de dresser le bilan de son groupe au titre de l’année 2023, et notamment dans la poursuite de ses engagements en matière de transition énergétique comme avec sa nouvelle feuille de route de 100 milliards d’euros présentée en octobre dernier, ou de souveraineté énergétique de la France, la "Caisse" étant par exemple actionnaire de RTE et de GRTgaz. "Notre mission se traduit également en matière de souveraineté industrielle, une enveloppe d’un milliard d’euros supplémentaire de financement sur la période 2023-2027 sera ainsi mobilisée dans le cadre du projet de loi Industrie verte pour accompagner les industriels dans la décarbonation de leurs activités", a ajouté Eric Lombard. Mais la souveraineté doit aussi s’entendre, selon le patron de la CDC, comme financière. "Un axe trop souvent oublié. Or, la sécurisation des grandes infrastructures des marchés financiers répond, selon moi, à l’intérêt général. C’est dans ce contexte que la Caisse des Dépôts est devenue il y a quelques années actionnaire d’Euronext et d’Euroclear, des actifs essentiels à un marché unique européen de capitaux. Deux entreprises rentables qui sont très bien gérées ", a souligné le directeur général.
Une sous-compensation trop lourde
Par ailleurs, cette audition a aussi permis à Eric Lombard de revenir sur les résultats financiers de son groupe l’année dernière. Et s’il a souligné la résilience du résultat net agrégé, à près de 3,9 milliards d’euros, dont 2,957 milliards d’euros pour la section générale, il n’a pu que constater devant les sénateurs le recul de cette dernière sur un an, de 200 millions d’euros. "C’est le fait de deux séries de difficultés : la crise du secteur immobilier et les résultats contrastés de La Poste qui subit un certain nombre de chaos ", a expliqué Eric Lombard.
Ceux-ci sont divers, a-t-il indiqué : l’inflation, les taux d’intérêt, la faible croissance en Europe, mais aussi la sous-compensation de ses quatre missions de service public (service universel postal, aménagement du territoire, distribution de la presse et accessibilité bancaire) qui dépasse les 800 millions d’euros. "Le sac à dos commence à devenir lourd", a confié le directeur général de la "Caisse". "Elle ne permettra pas à La Poste, si une solution n’est pas trouvée, de parvenir à une trajectoire de développement autonome. Le sujet est donc très sérieux", a-t-il assuré.
Une crise immobilière qui fait mal
De fait, l’an dernier, le groupe public a vu certes son chiffre d’affaires progresser de 2,4 % à 34,1 milliards d’euros mais le bénéfice net a lui été divisé par deux par rapport à 2022, pour s’établir à 514 millions d’euros.
En cause, notamment, deux activités : celle des colis (GeoPoste) qui a ralenti l’année dernière, et celle de La Banque Postale. "Si les résultats financiers de La Banque Postale sont restés de bonne facture l’année dernière, cela est essentiellement dû à la contribution de CNP Assurances, la hausse des taux sur les prêts immobiliers s’étant traduite par un pincement des marges ", a fait remarquer Eric Lombard. Pour mémoire, en 2023, La Banque Postale a enregistré un produit net bancaire (équivalent du chiffre d’affaires pour la banque) en hausse de 16,7 % à 7,26 milliards d’euros, tiré par le pôle Bancassurance France (et donc CNP Assurances) qui a représenté 68 % du PNB des métiers, avait indiqué, en mars dernier, le nouveau patron de la banque, Stéphane Dedeyan.
La fin d'année sera importante pour La Poste, le mandat de son président-directeur général depuis 2013, Philippe Wahl, arrivant à échéance en juin 2025.
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