WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / VusionGroup

Entreprises / Actions
VusionGroup

Quand VusionGroup décrédibilise les vendeurs à découvert / ShadowFall et Gotham City, même combat

Un fonds activiste peut en cacher un autre. Après l'attaque subie il y a un an de la part de Gotham City, le spécialiste des étiquettes électroniques a dû se défendre contre une nouvelle attaque émanant cette fois-ci de ShadowFall, à laquelle le groupe a su répondre efficacement.
VusionGroup, l'inventeur de l'étiquette électronique, est visé par un nouveau fonds vendeur
VusionGroup, l'inventeur de l'étiquette électronique, est visé par un nouveau fonds vendeur

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. La logique derrière la tactique des fonds spéculatifs paraît parfois simpliste. On ne peut nier leur grande utilité lorsqu’ils mettent à jour des scandales, tel celui qui avait conduit en 2020 à la faillite du spécialiste du paiement électronique Wirecard, après les révélations d'une immense fraude passée sous les radars des régulateurs. La pratique s’avère évidemment plus contestable lorsqu’il s’agit de réaliser des profits en propageant de fausses rumeurs, les mêmes activistes se trouvant parfois à la manœuvre.

La société VusionGroup (le nouveau nom de SES-imagotag depuis janvier), le numéro un mondial de la digitalisation des magasins, en avait fait l’amère expérience il y a un an lorsqu’elle avait dû subir les graves accusations d’abus comptable et d’irrégularité proférées par le fonds spéculatif américain de ventes à découvert Gotham City, justicier autoproclamé des marchés, notamment connu pour avoir fait tomber la société Gowex, passée de pépite high-tech espagnole à la faillite. Une attaque dont elle a su se défendre en jouant le jeu de la transparence, mais son cours de Bourse a mis presque un an à s’en remettre.

Il était écrit cependant que VusionGroup n’en avait pas fini avec les fonds activistes, puisque l’action VusionGroup a chuté vendredi de 10% à la suite de nouvelles accusations d’irrégularités comptables portées cette fois-ci par le fond spéculatif britannique ShadowFall, le tombeur de Wirecard. Plus précisément, son fondateur, Matthew Earl, qui, dans un message sur le réseau social X, semble reprendre les arguments employés un an plus tôt par Gotham City. Celui-ci voyait dans la proximité du groupe avec son actionnaire et fournisseur chinois BOE Technology, leader mondial des écrans plats pour téléviseur, devenu en 2017 le premier actionnaire de VusionGroup (qui s’appelait alors SES-Imagotag), une source potentielle de manipulation comptable. Mais il n’a jamais apporté la moindre preuve à l’appui de sa thèse, ce qui a permis à la société d’en démontrer le caractère faux et délibérément trompeur

Bis repetita avec ShadowFall, qui lui, s’appuie sur la communication financière d’un des partenaires du groupe mais sans le mentionner explicitement, pour créer un lien avec les anciennes allégations de Gotham city. L’attaque est d’autant plus trompeuse que dans son message sur X, Matthew Earl laisse entendre qu’il s’agit du même fournisseur actionnaire que l’an dernier, donc BOE Technology, alors que "la communication auquel il est fait allusion concerne la société taïwanaise E Ink", corrige VusionGroup. De quoi porter atteinte cette-ci à la crédibilité du vendeur à découvert, facilitant la défense de la société, qui a pointé une nouvelle manipulation de marché "totalement sans fondement".

Quant aux ventes récentes pour 10 millions d’euros d’actions VusionGroup réalisées par le directeur général et le directeur financier, mises en avant par le fondateur de ShadowFall comme preuve supplémentaire de la "fraude la plus évidente en Europe à l'heure actuelle", le fait est qu'elles ne prouvent rien. L’action VusionGroup a ainsi regagné 3,7% lundi, à 148,8 euros.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article