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Vente de La Poste Mobile : de la friture sur la ligne entre La Poste et SFR / Des divergences qui pourraient contraindre Bouygues à revoir son calendrier

A la suite de la signature d’un protocole d’exclusivité avec le groupe La Poste en vue de l’acquisition de l’opérateur virtuel La Poste Telecom, aujourd’hui codétenu par La Poste et SFR, le groupe Bouygues vient d’annoncer avoir été informé par les deux actionnaires de divergences les opposant s’agissant des modalités de réalisation de l’opération. Des divergences dont la nature n’a pas été dévoilée mais qui pourraient avoir un impact sur le calendrier de mise en œuvre de l’opération.
La Poste Mobile  (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
La Poste Mobile (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

Alors que Bouygues Telecom était entré, en février dernier, en négociations exclusives avec le groupe La Poste en vue de l’acquisition de 100 % des parts du capital de La Poste Telecom (La Poste Mobile), premier opérateur mobile virtuel français et dont la filiale de la Caisse des Dépôts possède 51 %, le groupe dirigé par Olivier Roussat a fait savoir ce mardi matin avoir été informé par SFR (détenteur de 49 % du capital de La Poste Mobile) et La Poste "de divergences qui les opposeraient s’agissant des modalités de réalisation de l’opération".

Sans toutefois en dire davantage – contacté par WanSquare, Bouygues n’a pas souhaité faire de commentaire -, il n’en reste pas moins que ces différends obligent La Poste à mettre en œuvre les mécanismes de résolution prévus par leurs accords. Des éléments qui pourraient avoir en conséquence, selon Bouygues, un impact sur le calendrier de réalisation de l’opération, dont le closing était initialement prévu à la fin de l’année.

Le prix de l’opération pourrait être en cause, il était estimé en février dernier pour un montant de 950 millions d’euros, valorisant l’entreprise à 963,4 millions d’euros. A l’époque, les parties au dossier avaient d’ailleurs indiqué que le prix "pourrait être ajusté en fonction du calendrier de réalisation de l’opération".

Dans le détail, il s’agissait pour Bouygues et La Poste de nouer un partenariat stratégique reposant à la fois sur l’acquisition par Bouygues Telecom de 100 % du capital de La Poste Telecom et sur un accord de distribution exclusif dans le réseau postal. La date de 2027 avait été évoquée pour la migration des clients de La Poste Mobile vers le réseau Bouygues, le contrat d’exclusivité avec SFR s’achevant en 2026.

Autre hypothèse : que SFR active son droit de préemption, lui permettant de racheter en priorité les 51 % de parts détenues par le groupe présidé par Philippe Wahl. Une option qui semblait jusqu’ici peu probable, sa maison-mère Altice France étant lourdement endettée (24,2 milliards d’euros) et ayant fait de son désendettement l’un de ses principaux objectifs pour 2024."La Poste étant obligée de mettre en œuvre des mécanismes de résolution des différends, cela sous-entend que le désaccord figurerait davantage au niveau des règles de gouvernance du pacte d’actionnaires, contenant une liste de décisions nécessitant un accord de l’actionnaire minoritaire, ici SFR, qui peut exercer son droit de veto. Ce qui serait donc le cas en l’espèce d’autant que le droit de préemption s’exerce souvent dans un délai n’excédant pas 3 mois ", explique à WanSquare Etienne Mathey, associé au cabinet August Debouzy et spécialiste des pactes d’actionnaires, qui souligne que "les mécanismes de traitement des blocages ont souvent aussi pour conséquence (après étapes de médiation et d’arbitrage notamment) de mettre en œuvre de manière anticipée des mécanismes de liquidité comme la technique du ‘buy or sell’ permettant à un actionnaire de racheter les titres d'un autre à un prix potentiellement plus intéressant ".

Ce mardi, l’opérateur de Patrick Drahi a fait état d’une perte de près d’un demi-million d’abonnés sur le mobile (487 000 clients) au premier trimestre, expliquant cette baisse par une concurrence féroce. Sur le fixe aussi, les chiffres de SFR sont ressortis en baisse, à 6,3 millions d’abonnés contre 6,9 millions à fin 2023. Ce faisant, le chiffre d’affaires d’Altice France s’est élevé sur la période à 2,564 milliards d’euros (-3,8 % sur un an), pour un résultat avant impôts à 782 millions d’euros (-6,5 %).

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