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Le private equity reste à la peine en France / Les sorties à un plancher ?

L’activité du capital-investissement en France continue à reculer, pénalisée par une forte baisse des valeurs des transactions et des sorties, qui pourraient être proches d'un plancher. Le rebond va dépendre en partie de la politique monétaire, d’où l’importance de la décision de la Banque centrale européenne attendue jeudi, et de ses commentaires sur le rythme du cycle de baisse qu’elle compte adopter.
Les opérations de private equity en France sont tombées à 10,6 milliards d'euros au premier trimestre - Photo by Mike Hewitt / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Les opérations de private equity en France sont tombées à 10,6 milliards d'euros au premier trimestre - Photo by Mike Hewitt / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

La spirale baissière du private equity se poursuit dans l’Hexagone. Selon les dernières données disponibles de Pitchbook, l'activité de capital-investissement est tombée à 10,6 milliards d’euros en France au premier trimestre, soit un recul de 17,1% par rapport à la même période de 2023, qui était déjà marquée par une forte déprime.

Les causes en sont connues : le resserrement de la politique monétaire, une croissance faible, attendue à seulement 0,7% en 2024 par le FMI, et un endettement public particulièrement élevé : la France affiche le troisième ratio dette/PIB le plus élevé d'Europe, après la Grèce et l'Italie, alors que S&P Global Ratings vient justement de dégrader la note du pays, ce qui ne plaide pas en faveur de son profil d’investissement.

Ce n’est peut-être pas un hasard, d’ailleurs, si la France, qui a toujours été le deuxième marché du capital-investissement en Europe après le Royaume-Uni, représentant 17,1 % du nombre d'opérations européennes en moyenne au cours des dix dernières années, voit cette part diminuer depuis 2015. Et ce, tandis que d'autres marchés européens progressent, comme la région DACH (Allemagne, Autriche, Suisse) et les pays nordiques.

Une baisse en partie due à un moindre intérêt des investisseurs non européens, qui sont passés de 51,1 % de la valeur des opérations de capital-investissement en France en 2020 à 24,7 % à la fin du premier trimestre 2024, contre une moyenne de 33,4% dans les autres pays européens. "Ce qui indique que la France est davantage protectionniste à l'égard de ses entreprises ", note Pitchbook. Connu pour sa réglementation plus stricte en matière de droit du travail et de rachats d'entreprises, notre pays affiche aussi "le troisième taux d'imposition sur les plus-values et le cinquième taux d'imposition sur les sociétés les plus élevés d'Europe ", selon la Tax Foundation, ajoute le fournisseur de données.

La faible activité du private equity renvoie aussi logiquement à la pénurie des sorties. La valeur de celles-ci décline depuis quatre trimestres consécutifs, les écarts entre les prix de vente et d’achat des transactions continuant de se creuser depuis les valorisations records atteintes 2021. Là aussi, la réduction de l'activité de sortie au premier trimestre 224 a été plus prononcée en France qu'ailleurs en Europe, avec une chute de 74,8% en glissement annuel, contre une baisse de 22,8% en moyenne dans les autres pays européens, indique Pitchbook.

Mais la question principale est de savoir si un plancher a été atteint pour cette activité de sortie des sociétés de capital-investissement. Ce qui va dépendre en partie de la trajectoire des taux de la Banque centrale européenne. Si une première baisse est justement anticipée ce jeudi la suite semble plus aléatoire.

"Deuxièmement, nous avons déjà constaté un redressement des multiples, le ratio de valeur d’entreprise sur Ebitda pour l'Europe a dépassé le chiffre de 2023 à la fin du premier trimestre", observe Pitchbook. Une hausse qui tend à montrer que l'écart entre acheteur et vendeur se réduit lentement. De quoi également contribuer à stimuler l'activité de sortie et désengorger le pipeline de sortie actuel.

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