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Private Equity

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Les marchés privés ont fait preuve d’agilité en 2023 / Dette privée, marché secondaire et operating partners au programme

Les marchés privés auront été témoins de certaines grandes tendances l’année passée. L’essor de la dette privée ne s’est pas démenti, tandis que le gel des transactions de M&A et des introductions en Bourse a poussé les acteurs de l’industrie à trouver de nouveaux moyens pour rendre de la liquidité à leurs investisseurs et optimiser la création de valeur de leurs portefeuilles.
123 Investment Managers - DR
123 Investment Managers - DR

Loin d’avoir été épargnés par les turbulences macroéconomiques en 2023, les marchés privés ont au moins un avantage. Celui d’avoir plusieurs cordes à leur arc et de pouvoir ainsi s’adapter rapidement aux aléas. La dette privée en est un bon exemple. "La nature a horreur du vide. En 2022 et 2023, le crédit bancaire s’est resserré. Nombre d’investisseurs ont eu un appétit pour la dette privée, qui offre aussi une meilleure rémunération du risque. Du côté des entreprises, le besoin est croissant car la dette privée est sur mesure, agile et offre une vraie rapidité d’exécution", a rappelé la directrice associée et membre du directoire d’123 Investment Managers, Isabelle Deby, à l’occasion d’une table ronde organisée par la société de gestion.

D’autant que pour les entreprises, recourir à la dette privée permet également de se voir offrir un accompagnement stratégique, dans la mesure où des points de rencontre réguliers sont organisés avec les fonds qui leur concèdent. De quoi, pour le prêteur, avoir aussi plus de marges d’anticipation, alors même que les discussions autour des obligations et conditions à respecter pour l’emprunteur sur la durée du prêt, ont pu être plus récurrentes ces derniers temps, a observé Isabelle Deby.

 

Des atouts structurels

 

Reste aussi à souligner que l’essor de la dette privée n’est pas seulement dû à la conjoncture. "Son âge d’or a débuté il y a dix ans", a quant à lui relevé Patrick Badaro, managing director chez Goldman Sachs. Flexibilité, confidentialité, profil défensif, faible volatilité, primes intéressantes… "C’était déjà le cas lorsque les taux étaient à zéro", a-t-il poursuivi. D’où l’intérêt de se positionner sur des secteurs qui ne sont pas cycliques, comme l’édition de logiciels, la santé ou l’éducation et sur des actifs de qualité. "Pour rester serein, il faut s’assurer d’offrir un rendement attractif dans des secteurs défensifs", a expliqué Patrick Badaro.

Et la dynamique ne devrait pas être amenée à fléchir, alors que l'appétit des investisseurs pour la dette privée ne se dément pas. Le dernier baromètre de Coller Capital sur les actifs alternatifs faisait ressortir que sur 110 investisseurs sondés, gérant ensemble 2 100 milliards de dollars d’actifs, 45 % d’entre eux avaient prévu de renforcer leur allocation en dette privée. Autre fait intéressant : 38 % des interrogés ont aussi déclaré vouloir augmenter leur allocation aux marchés secondaires privés, signe d’un besoin accru en termes de diversification et de liquidités.

 

Les fonds de continuation ont la cote

 

Si sur le marché secondaire, les opérations conduites par les Limited Partners sont restées majoritaires, au sein de celles conduites par les General Partners, les fonds de continuation ont tout particulièrement eu la cote en 2023. Michele Mezzarobba, founding partner de Mircap Partners a d’ailleurs souligné : "Deux tiers des fonds large cap ont réalisé un deal avec un fonds de continuation. Du côté des fonds mid cap, cela s’élève à un tiers. C’est un moyen de 'sortie' qui s’accélère", en ce que ces "véhicules relais" permettent de rendre de la liquidité aux investisseurs et d’optimiser la création de valeur jusqu’à la sortie finale d’un actif alors que le marché du M&A a tourné au ralenti et que les introductions en Bourse ont manqué d'entrain. 

Une création de valeur qui se maximise aussi grâce aux capacités opérationnelles des fonds, notamment au travers de leurs operating partners, dont la montée en puissance aura été l’une des grandes tendances de l’année 2023. "Il est nécessaire de raisonner sur le temps long en termes de création de valeur. Les fonds ont fait deux choses : d’une part, mieux thématiser les stratégies d’investissements. Les équipes à ce niveau sont très importantes pour faire les due diligences et déceler le potentiel d’un actif. La deuxième chose, c’est accroître les capacités opérationnelles. Tous les grands fonds ont désormais des équipes d’operating partners, qui peuvent accompagner les entreprises sur des problématiques spécifiques. En fait, les fonds ont investi sur leurs propres équipes et cela a beaucoup d’impact sur le surplus de performance dégagé. C’est cela qui aide à la création de valeur", a de son côté assuré Jonathan Zafrani, managing director chez Carlyle.

 

Une reprise

 

Alors, qu’attendre pour l’année 2024 ? "On observe bien une reprise des deals même s’ils sont plus durs à faire, les prix s’ajustent. […] J’insiste sur la nécessité de s’inscrire dans un raisonnement de long terme, ce qui guide une acquisition est de trouver un nouvel actionnaire pour continuer à financer le développement d’une entreprise", a souligné Jonathan Zafrani. S’agissant des introductions en Bourse pour réaliser des sorties, "le marché est toujours compliqué mais il se reprend. Mais toutes les entreprises ne se prêtent pas à l’IPO", a observé le managing director de Carlyle. Certains exemples pourraient néanmoins peut-être ouvrir la voie. En témoignent les succès des IPOs de Planisware et Exosens.

 

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