Private Equity
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Le private equity active de nouveaux leviers pour créer de la valeur / Quand l'IA devient une règle plutôt qu'une exception
Alors que le contexte économique, en 2023, n’aura pas joué en la faveur de l’industrie du capital-investissement, les fonds mettent leurs stratégies à la page pour continuer à créer de la valeur. C'est en tout cas ce que la dernière étude d'Alvarez & Marsal fait ressortir : près de 80 % des fonds de capital-investissement interrogés au cours du premier trimestre de 2024 ont souligné se détourner des leviers traditionnels, à l'instar de la réduction de coûts, pour privilégier des interventions de création de valeur plus ciblées.
Cap, donc, sur de nouvelles méthodes. Il se trouve en effet que près de la moitié des fonds, à hauteur de 45 %, a déjà commencé à déployer l’intelligence artificielle (IA) pour soutenir ses plans de création de valeur post-acquisition, tandis que 38 % affirment qu’ils le feront d’ici à 2025. Ce qui signifie, relève l’étude d'Alvarez & Marsal, "que l’IA est maintenant la règle plutôt que l’exception dans le parcours de création de valeur du private equity". Les cas d’usages sont consensuels. En grande majorité, l’IA est utilisée pour étudier le marché, les données et la concurrence (à 87 %), pour aider à la prise de décision stratégique (à 79 %) ou encore pour améliorer la gestion financière (à 70 %).
Résultats conformes aux observations
Différents résultats qui confirment, pour le cabinet de conseil, "ce [qu’il a] observé sur le marché et dans [ses] interactions avec les clients du secteur du private equity". Et de poursuivre : "Nous constatons en effet que les fonds passent d’initiatives générales de création de valeur à des initiatives plus spécialisées qui génèrent véritablement une croissance organique et une amélioration des marges pour leurs entreprises. Notamment, il y a eu beaucoup plus d’initiatives autour du numérique".
Le reflet de la maturation rapide des capacités d’analyse de données dans le secteur, pointe Alvarez & Marsal, alors que de nombreux fonds ont mis en place des fonctions numériques dédiées au sein de leurs équipes de performance opérationnelle et que l’accent a aussi été mis sur l’embauche de spécialistes des données, afin de soutenir ce type de programme pour les entreprises en portefeuille.
Exemple de la manière dont ce levier peut être activé : Alvarez & Marsal a récemment conseillé une compagnie d’assurance visant un public de consommateurs particuliers, détenue par un fonds de capital-investissement et qui souhaitait améliorer son service de clientèle. En utilisant les accélérateurs d’IA générative du cabinet, qui combinent notamment plusieurs modèles GPT d’OpenAI, ceux-ci ont été entraînés sur des données provenant de 5 000 conversations de services à la clientèle. Résultat, le prototype a fourni aux agents du service client plusieurs recommandations de réponses générées par l’IA générative. Le déploiement du prototype devrait permettre d'améliorer significativement nombre d'indicateurs de performance de l'entreprise, dont une réduction à hauteur de 20 % de la durée moyenne de traitement des demandes.
La croissance organique au programme
La stratégie de création de valeur qui devrait être privilégiée à l’avenir en sera résolument une de croissance organique. Et non plus d’acquisitions. Le pourcentage d'investisseurs privilégiant des tactiques de croissance organique plutôt que de croissance externe a quasiment doublé en un an pour atteindre 32 % désormais. À l’inverse, ceux qui comptent favoriser la croissance externe ne représentent plus que 15 % des fonds répondants.
Une chute par rapport à l’année passée, où leur proportion s’élevait à 43 %. "Une autre tendance notable à observer est la rapidité avec laquelle les sociétés de portefeuille lancent leurs programmes de création de valeur après la conclusion de l’opération. Plus de 90 % des personnes interrogées les lancent dès le premier jour ou au cours des six premiers mois, contre 74 % l’année dernière. Seule une fraction (6 %) a déclaré attendre que l’entreprise se stabilise pendant un an avant de lancer les activités de création de valeur", conclut l’étude d’Alvarez & Marsal.
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