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Dassault Systèmes instille le doute sur sa trajectoire de croissance / Medidata concentre les interrogations
"Au deuxième trimestre, notre chiffre d’affaires total préliminaire est inférieur à nos prévisions d’environ 30 millions d’euros, soit 2%, en raison du report de contrats importants. Nous vous prions de nous en excuser". Les excuses n’empêchent pas la sanction. L’action Dassault Systèmes chutait mardi de 5% environ à la Bourse de Paris, à 33,8 euros, en réaction à l’avertissement lancé par l’éditeur de logiciels de conception et de fabrication assistées par ordinateur sur ses résultats du deuxième trimestre clos fin juin.
Selon des données préliminaires, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros sur la période, alors qu’il attendait entre 1,53 milliard et 1,56 milliard d'euros. La croissance à taux de change constant s'établit donc à 4%, en dessous de la fourchette basse des prévisions, qui allaient de 7% à 9%. Et ce manque à gagner contraint Dassault Systèmes à ramener entre 6% et 8% son objectif de croissance du chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’année 2024, contre une précédente fourchette comprise entre 8% et 10%, tandis que le bénéfice net par action est dorénavant attendu en hausse de 8% à 11%, au lieu de 10% à 12%.
Avec ce deuxième avertissement en six mois, l’année de la transmission des rênes de l’entreprise par Bernard Charlès prend des allures de baptême du feu pour Pascal Daloz, qui a la lourde tâche de succéder depuis janvier, comme nouveau directeur général du groupe, au grand industriel visionnaire ayant révolutionné le monde du logiciel 3D, qui en a gardé la présidence.
"Alors que le pipeline du deuxième trimestre nous permettait d’atteindre nos prévisions initiales, et que la demande pour nos solutions reste forte, nous avons observé que la signature des transactions faisait l’objet d’une certaine prudence de la part de nos clients, dans un environnement géopolitique complexe", a justifié Pascal Daloz, souhaitant rassurer en ajoutant que "tous les contrats reportés restent en discussion pour les prochains trimestres". Une communication à minima qui risque d’alimenter les inquiétudes autour de Medidata, la filiale spécialisée dans les solutions à destination de la recherche médicale, déjà à l’origine de l’important profit warning lancé en février dernier. Celle-ci est pourtant mise en avant comme l'un de ses principaux moteurs de croissance, raison pour laquelle le groupe avait achetée la société en 2019 pour 5,8 milliards d’euros, ce qui constituait la plus grosse acquisition de son histoire.
Dans ce contexte, des doutes pourraient commencer à poindre sur les objectifs de moyen terme que le groupe avait communiqués lors de son capital markets day en juin 2023, et qui prévoient notamment un doublement du bénéfice par action pour atteindre 2,20 à 2,40 euros en 2028, contre 1,20 euro en 2023.
Pour l'heure, les investisseurs ne savent pas quels sont les éléments pouvant permettre à Medidata d’accélérer la cadence en 2025 pour rester en phase avec l’ambition de dépasser les 2 milliards de chiffre d’affaires dans les sciences de la vie et la santé d’ici quatre ans, "ni si la croissance du chiffre d'affaires du groupe peut même s'accélérer à plus de 10% sans Medidata.", observe de son côté JP Morgan.
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