WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Les ETI restent mobilisées sur le chemin de leur transition verte / Les investissements à long terme appelés à augmenter même si des incertitudes subsistent

Si les investissements des ETI françaises ont mieux résisté que prévu en 2023, il n’est pas certain que le schéma se répète cette année. Pourtant, les investissements dits "verts" ne devraient pas être négligés à cet égard. À plus long terme, les dirigeants semblent même vouloir rester davantage mobilisés, même si certaines incertitudes quant à leurs avantages en matière de compétitivité ou de montants à engager persistent.
Hans Lucas via AFP
Hans Lucas via AFP

Une transition verte nécessite de garder le cap sur le long terme, ce que les ETI françaises semblent avoir bien compris. Selon l’enquête annuelle de conjoncture auprès de ces sociétés de taille intermédiaire de Bpifrance Le Lab, en 2023, les investissements globaux des ETI ont mieux résisté qu’anticipé. Et une ETI interrogée sur deux avait d’ailleurs consacré une part de ses investissements à sa transition écologique et énergétique. Certes, la proportion s’affiche en recul par rapport à 2021, où elles étaient 61 % à avoir réalisé ce type d’investissements. Néanmoins, pour 30 % d’entre elles, ces investissements ont dépassé 20 % de leurs investissements déployés. Ce qui, cette fois, représente une part deux fois plus importante qu’en 2021.

Leur destination dépend évidemment de leurs secteurs d’activité. Les ETI qui opèrent dans l’industrie ou la construction se sont par exemple concentrées sur les équipements de production plus performants ou de production d’énergies renouvelables, tandis que celles opérant dans les services se sont orientées vers le renouvellement de leur parc automobile ou vers l’adoption d’un système de tri des déchets. Certaines disparités sont également à observer en fonction de la part qui est consacrée à ces investissements verts. Par exemple, lorsqu’elle dépasse 20 %, les dirigeants citent à hauteur de 45 % la rénovation énergétique des bâtiments (contre 35 % pour les autres) ou encore la R & D pour verdir leur activité (21 % contre 12 % pour les autres).

 

Pas de remise en cause

 

Pour 2024, près d’une ETI sur trois prévoit d'ailleurs d’augmenter ses investissements verts par rapport à 2023 et près de deux sur trois comptent les maintenir. Ceci alors que l’investissement, dans sa globalité, est attendu moins dynamique que l’année précédente : le solde d’opinion est toujours positif à ce sujet, mais a néanmoins perdu 8 points pour atterrir 10 points en dessous de sa moyenne de long terme. Mais "au-delà de l’année 2024, les intentions d’investissements verts ne sont pas remises en cause, c’est assez clair", a appuyé Thomas Laboureau, macroéconomiste chez Bpifrance, à l’occasion d’un point presse. Et pour cause : elles sont 63 % à affirmer que leur évolution restera orientée à la hausse à l’avenir, contre seulement 7 % à indiquer que cela ne sera pas le cas. D’autant plus qu’elles semblent déjà engagées à ce sujet. Près de la moitié du panel interrogé avait par exemple déjà réalisé un bilan carbone au moment de l’enquête, tandis que près de 60 % ont déjà adopté (ou envisagent de le faire) une cible interne de réduction de leurs émissions.

Un signe de la poursuite de leur engagement sur leur trajectoire de décarbonation, alors même que les avantages en la matière, sur le plan de la compétitivité, apparaissent encore incertains et que des approximations quant aux montants à engager subsistent. En effet, si près d’un quart des ETI envisage que cela leur permettra de gagner des parts de marché sur le marché français, elles restent moins optimistes sur les marchés étrangers. Elles sont par ailleurs une maigre proportion (seulement 8 %) à avoir chiffré, au moins à-peu-près, les investissements qu'il resterait à réaliser pour se décarboner totalement.

 

D’autres leviers de croissance

 

Tout ceci prend de plus place dans un contexte où les ETI françaises naviguent à vue quant à l’année à venir. De fait, les difficultés de demande sont croissantes (elles ont grimpé de 11 points sur un an et affectent 42 % des ETI). Ainsi, les dirigeants anticipent un ralentissement de leur activité cette année. À ces désagréments liés à la demande s’ajoutent également les difficultés de recrutement et une pression concurrentielle en nette hausse : 40 % des dirigeants la considèrent comme un obstacle à la bonne marche ou au développement de leur entreprise, contre moins de 30 % en 2023. "L’économie mondiale, cette année, se caractérise par un retour des conditions concurrentielles difficiles, les entreprises ont réajusté leurs prévisions d’activité et notamment celles qui opèrent dans l’industrie", a ajouté Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance.

Certains leviers de croissance pourront néanmoins être activés à l'avenir, à l’instar de l’intelligence artificielle (IA), sur laquelle les dirigeants d’ETI ont été sondés pour la première fois cette année. Certes, elle ne reste utilisée que par une ETI sur trois et l’usage n’est essentiellement qu’occasionnel. "Il n’y a pas encore d’intégration structurelle à ce stade. C’est une technologie nouvelle, il y a encore beaucoup de tâtonnements. Mais il y a une réelle confiance dans le fait que la technologie sera bénéfique, avec deux tiers des ETI qui sont convaincues de son impact positif sur la productivité de leur entreprise. Nous observons de l’enthousiasme à aller de l’avant", a quant à lui assuré le responsable des études économiques et de la conjoncture de la banque publique d’investissement, Baptiste Thornary.

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article