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Premier semestre historique pour la Sfil / Des prêts records de 2,8 milliards d'euros au secteur public local
On s’en doutait un peu, après le franchissement annoncé durant l’été des 50 milliards de prêts au secteur public local, la Sfil a connu un premier semestre 2024 record, portée en particulier par un niveau d’activité historique avec les collectivités locales.
La production de prêts au secteur public local français de la banque publique, filiale de la Caisse des Dépôts, s’est établie à 2,8 milliards au premier semestre 2024. Un montant en hausse spectaculaire de 157% par rapport à la même période de 2023, et qui constitue d’ailleurs le meilleur premier semestre en termes de volumes depuis la création de la Sfil en 2013.
Ce niveau record a été principalement porté par les grandes collectivités locales, c’est-à-dire les groupements de communes, départements et régions, 2,8 milliards d’euros de prêts leur ayant été octroyés au premier semestre 2024, à comparer aux 524 millions d’euros du premier semestre 2023.
Dans le même temps, le crédit export, l’autre grand métier de la Sfil, a donné lieu à l’octroi de 1,7 milliard d’euros de prêts. Si bien que sur un total de 4,5 milliards d’euros de prêts accordés par l’établissement, 62% l’ont été auprès du secteur public local, et 38% dans le cadre de l’activité export. Soit une répartition très différente de celle observée à la même période de 2023, où le groupe avait émis pour 3,9 milliards d’euros de prêts, dont 2,8 milliards pour le crédit export et 1,1 milliard à destination du secteur public local.
"Ce qui montre l’équilibre du modèle", a souligné Philippe Mills, le directeur général de la banque publique de développement, lors d’une conférence téléphonique.
Cette activité record s’est traduite par des résultats de très bonne facture. Le résultat net récurrent s’est établi à 31 millions, en progression de 15% par rapport au premier semestre 2023, aidé par le recul de 12% des frais généraux, à 60 millions d’euros. Une baisse enregistrée sous l’effet conjugué de la fin de la contribution au fonds de résolution unique (FRU) et la maîtrise des frais de fonctionnement.
S’agissant de la hausse des coûts de financement induite par l’écartement du spread OAT-Bund et des spreads de crédit français en général à la suite des élections législatives en France, celle-ci est par ailleurs "restée compatible avec la capacité que nous avons eue à maintenir nos marges", a indiqué Philippe Mills.
Tout ceci avec un niveau de risque demeuré très bas. "Les impayés se limitent à 2 millions d’euros pour près de 46 milliards de stocks de prêts au secteur public local français, avec plus de 12 000 clients, c'est extrêmement faible", a également souligné le dirigeant.
Après cette première partie d’année en fanfare, la seconde ne s’annonce pas moins prolifique. Le groupe s’attend en particulier à ce que son activité auprès des collectivités locales demeure soutenue. La raison ? L’importance des investissements de la part des collectivités locales et du bloc communal en particulier au cours de cette année 2024 est quelque chose de normal. "C'est lié au cycle électoral de l'investissement usuel", a rappelé Philippe Mills.
Autre explication, la baisse de l'autofinancement des collectivités locales, celles-ci ayant subi un effet de ciseau entre l'augmentation de leurs dépenses et celles de leur recette, ce qui a diminué leur capacité d'autofinancement. Elles recourent ainsi davantage à l'emprunt pour financer les investissements.
En conséquence de quoi, la Sfil anticipe au second semestre "une activité relativement importante, et potentiellement équivalente ou légèrement plus forte, que celle constatée au premier semestre", a indiqué le dirigeant. Quant à l’activité sur le crédit export, les indicateurs sont également très positifs, avec beaucoup de dossiers potentiellement actifs et de sollicitations de la trentaine de banques avec qui travaille la Sfil. "Nous restons sur une moyenne très élevée, à 20 ou proche de 20 sollicitations par mois, qui était le niveau record de 2023", a indiqué Philippe Mills.
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