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Retards et délais de paiement : entre les secteurs public et privé, les torts restent partagés / Moins d'une entreprise française sur deux paye ses fournisseurs en temps et en heure

Les retards de paiement des entreprises françaises s’allongent, avertit la dernière étude d’Altares publiée à ce sujet. La marge de progression en matière de comportement reste plus grande du côté du secteur public. Mais il n’empêche que celui-ci semble au moins être engagé sur une bonne voie, malgré de fortes disparités en fonction des services ou échelons territoriaux. Plus discipliné, le secteur privé accuse pour l’heure, de son côté, une augmentation du retard moyen de près d’une journée sur un an.
 (Photo by Thomas Trutschel / Photothek Media Lab / dpa Picture-Alliance via AFP)
(Photo by Thomas Trutschel / Photothek Media Lab / dpa Picture-Alliance via AFP)

Les entreprises françaises peinent, encore et toujours, à être ponctuelles lorsqu’il s’agit de régler leurs fournisseurs. La dernière étude d’Altares menée à ce sujet le prouve bien : leurs retards de paiement ont progressé de près d’un jour sur un an, pour atteindre 12,9 jours, au premier semestre de 2024.

De fait, moins d’une organisation française sur deux paye ses fournisseurs à temps, rappelle le rapport. Ce qui est à peine mieux qu’en Europe. Mais, surtout, cela correspond au niveau le plus haut enregistré depuis la fin de la crise sanitaire du Covid-19. Une enquête révélée par Coface la semaine dernière évoquait elle aussi des chiffres révélateurs, alors que 85 % des entreprises sondées par l’assureur-crédit remarquaient avoir subi de tels retards en 2024.

"La question des délais de paiement empoisonne les relations entre entreprises mais aussi avec les acteurs publics. Dans la fonction publique de santé (hôpitaux), l’administration de l’État, les métropoles ou encore les régions, les délais dépassent parfois les 20 jours", alerte d’ailleurs le directeur des études Altares, Thierry Millon.

 

Les lanternes rouges

 

Par exemple, du côté des collectivités territoriales, les délais moyens s’affichent à 12,7 jours pour les communes, contre 19,7 pour les départements… et plus de 23 jours pour les régions. Les hôpitaux présentent quant à eux un retard moyen supérieur à 20,6 jours. Reste que malgré ces disparités, à l’échelle de l’ensemble du secteur public, les comportements de paiement d'une manière générale semblent être engagés sur une bonne voie. À 13,3 jours au premier semestre de 2024, les délais étaient en amélioration au deuxième trimestre et ont retrouvé un niveau stable par rapport au premier semestre de 2023.

Cela n’est pas le cas du côté du secteur privé. En moyenne, ce dernier accuse une augmentation du retard moyen de près d’une journée sur un an, pour atteindre désormais 12,5 jours. "Les entrepreneurs individuels présentent la dégradation la plus remarquable. Ces structures, encore ‘meilleures élèves’ il y a un an avec 8,5 jours de retard, sont désormais les plus retardataires avec 13,4 jours en moyenne. Soit un dérapage de près de 5 jours en à peine plus d’un an", pointe l’étude d’Altares. Du côté des secteurs d’activité, la conjoncture économique met évidemment son grain de sel. La crise immobilière, notamment, a entraîné une envolée des défaillances, mais aussi des retards de paiement. La promotion, qui concentre d’ailleurs traditionnellement les retards plus élevés, approche même le seuil de 27 jours, tandis que les agences immobilières tournent autour de 22 jours.

Il faut aussi souligner que cet épineux problème de retards de paiement pèse essentiellement sur les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). En 2023, l’Observatoire des délais de paiement évaluait à 15 milliards d’euros le montant de la trésorerie qui pourrait être transféré aux TPME en l’absence de retards de paiement. "Des travaux de recherche ont montré que l’existence de retards de règlement des clients augmente la probabilité de défaillance du fournisseur de 25 % et même 40 % lorsque les retards sont supérieurs à 30 jours", ajoute Thierry Millon.

 

La situation se tend

 

Et effectivement, les plus petites des structures semblent bien commencer à être en panne de trésorerie, puisque depuis le printemps 2023, la situation se tend fortement dans les entreprises de moins de 3 salariés, explique Altares. "Début 2023, elles présentaient encore des délais sous le seuil des 12 jours. Mais depuis, les délais ne cessent de s’allonger pour atteindre 14 jours à l’issue du premier semestre 2024", explique l’étude d’Altares. Et s’agissant des grands comptes, si les comportements s’améliorent, le retard moyen de 17,8 jours reste quant à lui très élevé.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) semble cependant veiller au grain. L’an passé, elle avait prononcé 58 millions d’euros d’amendes ou de pré-amendes administratives, au travers de l’initiation ou de l’aboutissement de 346 procédures pour manquement au respect des délais de paiement, soit une hausse de 19 % par rapport à 2022, lorsque 291 procédures avaient été menées.

La semaine dernière, la DGCCRF faisait aussi savoir que, dans le cadre d’une enquête qu’elle avait lancée sur le respect des règles du Code de commerce en matière de délais de paiement et à la suite de retards constatés par les services de la DRIEETS (Direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités), la société KPMG avait été sanctionnée d’une amende de 500 000 euros, pour des retards dans le paiement des factures de ses fournisseurs.

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