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Les patrons des petites entreprises se laissent mieux séduire par le numérique / Et s'appuieront sur leur propre réseau professionnel pour être conseillés à ce sujet
La tendance s’inverse. L’année dernière, les dirigeants de TPE et PME interrogés par le baromètre annuel de France Num, bien qu’optimistes en grande majorité, étaient de moins en moins nombreux à considérer que le numérique représentait un intérêt réel pour leur société. Bonne nouvelle, en 2024 : près des quatre cinquièmes des patrons des 10 125 entreprises sondées s’alignent désormais sur cette conviction. Cela représente une hausse de 3 points sur un an, quand la proportion s’affichait en recul de cinq points l’an passé.
Sur plusieurs points, les dirigeants sont davantage convaincus. Qu’il s’agisse d’une meilleure communication avec les clients, du fait de gagner davantage d’argent ou de la facilitation de l’externalisation de certaines fonctions (comptabilité, paye, communication), les TPE et PME assurent désormais en forte proportion que le numérique leur permettra d’optimiser leur fonctionnement et leur rentabilité.
Les petites et moyennes entreprises françaises semblent aussi se mettre un peu plus à la page s’agissant de l’intelligence artificielle. Seules 5 % d’entre elles avaient recours à ce type de solutions l’an passé, contre 13 % en 2024. Si le résultat reste timide et que sa progression pourrait aussi être mise en lien avec le fait que la question ait été posée différemment, admet le baromètre de France Num, "l’augmentation n’en reste pas moins significative", assure l’initiative gouvernementale chapeautée par Bercy.
Des disparités sectorielles
Forcément, les taux d’utilisation les plus importants sont à chercher du côté du numérique (40 %), des bureaux d’études, de l’ingénierie, des architectes ou des avocats (22 % en moyenne dans le secteur des services spécialisés et techniques). L’industrie agroalimentaire et l’agriculture restent quant à elles plus réservées, en ne dépassant pas les 6 % d’adhésion.
Reste que tous les projets numériques demandent des investissements, pas toujours évidents à consentir au regard des difficultés rencontrées par les patrons des TPE et PME françaises, d’autant plus que ces dernières sont aux prises avec un climat d’incertitude, notamment sur le plan de la demande, qui gèle pour l’instant leur propension à déployer de nouveaux fonds. Cela devrait valoir pour les mois à venir, car en 2023, année de référence utilisée par le baromètre pour les dépenses numériques, ces dernières ont néanmoins augmenté. Près de 80 % des TPE et PME en avaient effectué à cette destination, soit une hausse de deux points, tandis que celles qui n’en avaient réalisé aucune ont reculé de 3 points pour se fixer à 21 %.
Leurs projets, pour les deux prochaines années ? Développer une présence en ligne, acquérir ou améliorer leurs solutions numériques et leurs équipements, ou bien se protéger en matière de cybersécurité. Quoi qu’il en soit, c’est au sein de leurs réseaux professionnels (leurs prestataires) que les TPE et PME iront chercher de l’aide pour les accompagner à ces sujets. S’ensuivent ensuite leur expert-comptable, leurs réseaux personnels ou familiaux, dont la popularité a grimpé depuis l’année dernière. Et enfin les réseaux consulaires et celui de France Num, qui remportent chacun 13 % des suffrages.
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