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Ubisoft fragilisé par le report de son jeu phare Assassin’s Creed Shadows / Derrière les difficultés, la question de l’indépendance du groupe

L’éditeur français de jeux vidéo fait face à une série de déconvenues, confirmant les inquiétudes des analystes. Le report du lancement d’Assassin’s Creed Shadows, l’un des jeux les plus importants de son histoire, et les résultats décevants de Star Wars Outlaw compromettent ses objectifs financiers. Des difficultés qui font planer des doutes sur la viabilité du modèle de l’éditeur, en perte de vitesse depuis plusieurs années, et à même de relancer le débat sur son indépendance.
Le report du lancement du jeu Assassin’s Creed Shadows d'Ubisoft, très attendu, complique la situation de l'éditeur - AFP
Le report du lancement du jeu Assassin’s Creed Shadows d'Ubisoft, très attendu, complique la situation de l'éditeur - AFP

C’était dans l’air. Les inquiétudes concernant les performances des derniers jeux d’Ubisoft, dont le titre phare Star Wars Outlaw, sorti fin août, avaient déjà conduit les analystes d’Exane BNP Paribas à refaire leurs calculs. L’annulation de présentations à la presse du dernier opus de sa licence à succès Assassin’s Creed, censé sauver l’année de l’éditeur, n’était pas non plus des plus rassurantes.

Le groupe, toujours contrôlé par la famille Guillemot, a confirmé les craintes en lançant mercredi soir un avertissement sur les résultats de son exercice à cheval sur 2024 et 2025 et le report au début 2025 du lancement d’Assassin’s Creed Shadows, inspiré de la période médiévale au Japon, dont la sortie était prévue le 15 novembre prochain.

La société a annoncé qu’elle s’attendait désormais à ce que son résultat opérationnel et son flux de trésorerie libre soient "proches de l’équilibre" pour l’exercice qui s’achèvera fin mars 2025. Et ce alors qu’elle avait auparavant indiqué prévoir une "légère progression" de son résultat opérationnel et une génération de trésorerie positive.

En termes de chiffre d’affaires, au lieu de la croissance "solide" sur laquelle il comptait, l’éditeur de jeux vidéo s’attend à présent à ce que son "net bookings" retombe à environ 1,95 milliard d’euros pour l’exercice en cours, à comparer aux 2,32 milliards d’euros de l’exercice 2023-2024.

Si la communauté financière avait vu venir le coup, l’ampleur de l’abaissement des prévisions s’avère "plus importante que ce que nous avions anticipé ", constatent les analystes de Deutsche Bank.

 

De coûteux peaufinages

 

Ubisoft ne peut se permettre, avec le quatorzième opus de sa saga mythique Assassin’s Creed, de subir les mêmes critiques mitigées que celles rencontrées par Star Wars Outlaw. D’où les trois mois de développement supplémentaires requis pour procéder à quelques peaufinages. Problème, ce décalage n’est pas du tout anodin dans la mesure où il oblige Ubisoft à faire l’impasse pour le dernier épisode de son jeu best-seller sur la période des fêtes de Noël, la plus faste pour les ventes.

Outre ce créneau de sortie moins favorable, le jeu va se retrouver face à la concurrence du jeu Ghost of Yotei de Sony, également très attendu et qui transporte lui aussi les joueurs dans le Japon féodal.

Au-delà, ces déboires (re) posent plus généralement la question du modèle d’Ubisoft en tant qu’acteur indépendant.

Les développeurs de taille moyenne comme Ubisoft "continuent de souffrir de l’inflation des coûts de développement qui n’a pas été compensée par une amélioration suffisante des volumes et de la monétisation ", explique JP Morgan. Ainsi, le manque de liquidités générées au cours des dernières années, mais aussi la structure du capital d’Ubisoft verrouillée par la famille Guillemot, "l’ont placé sous une pression croissante pour réduire les investissements et les coûts", poursuit la banque américaine.

Des questions que n’a pas hésité à soulever début septembre le fonds spéculatif slovaque AJ Investments qui, dans une lettre envoyée aux dirigeants d’Ubisoft et à son principal actionnaire, le groupe technologique chinois Tencent, a ouvertement demandé à la famille fondatrice de ne pas bloquer la possibilité d’une vente de l’entreprise et de laisser la place à une nouvelle direction générale.

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