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Le capital-investissement européen en pleine reprise / Un appétit retrouvé pour les mega-deals, mais des sorties encore limitées
Pour le private equity européen, la reprise est là, et bien là. Amorcée au cours du premier semestre, elle s’est confirmée au troisième trimestre, cette amélioration se reflétant en particulier dans le retour progressif des mega deals. Selon les dernières données de Pitchbook, la taille médiane des transactions depuis le début de l'année a augmenté de 40 % par rapport à 2023.
Après neuf mois, la valeur totale des transactions de plus de 2,5 milliards d’euros s’élève à 109,2 milliards d’euros dépassant nettement les 93,9 milliards d’euros de toute l’année 2023. Un appétit retrouvé pour les grandes opérations qui a concerné tous les types de transactions. On trouve ainsi des LBO sur des sociétés cotées retirées de la Bourse, à l’image de l’offre de CVC et du fonds d’Abu Dhabi sur la plateforme d’investissement britannique Hargreaves Lansdown, pour 6,4 milliards d’euros. Il y a aussi des cessions d’activités par les entreprises, comme la vente par IGT de son activité jeux à Apollo Funds pour 5,8 milliards d’euros, ou encore des transactions de capital-investissement secondaire (sponsor-to-sponsor), comme le rachat par Apollo du service de livraison Evri d’Advent pour 3,2 milliards d’euros.
Par secteur, le domaine des technologies de l'information et de l'énergie a été le théâtre de nombreuses méga-acquisitions, plus précisément dans les domaines de l'énergie durable, de l'infrastructure et des logiciels. Et "le secteur des technologies de l'information est en passe de connaître sa meilleure année depuis 2021 en termes de valeur des transactions ", observe Pitchbook dans son dernier rapport sur le capital-investissement européen.
En outre, la part des opérations de "carve-out" (ou "détourage", soit la cession par une société d'une branche d'activité) augmente. Elles représentent 18,2% de la valeur totale des transactions depuis le début de l’année sur neuf mois, soit la proportion la plus élevée depuis 2019. En cédant des branches d'activité jugée moins stratégique et/ou moins rentable, pour se recentrer sur leur core business, les entreprises ont fourni aux sociétés de capital-investissement, de belles opportunités d'acquérir des actifs sous-évalués présentant un potentiel de croissance important. C’est d'ailleurs ainsi qu’a eu lieu la plus grande cession de l'année : la vente par Telecom Italia de son réseau de téléphonie fixe à KKR pour 22 milliards d’euros.
Autre particularité, l’augmentation des flux de capitaux en provenance des investisseurs américains. Tandis que 75,2 % des engagements de LP dans les mégafonds européens provenaient d'Amérique du Nord en 2023, contre 55,1 % en 2021, " l'année 2024 continue d'être marquée par une forte activité des investisseurs américains", souligne Pitchbook. Et ce, alors que huit des dix plus importantes opérations réalisées depuis le début de l'année ont été financées par des capitaux nord-américains.
Le bémol se situe du côté des sorties, qui restent rares. Notamment, après un début d'embellie au premier semestre avec quelques introductions en bourse très médiatisées telles que CVC, Galderma et Douglas, le troisième trimestre a été terne avec seulement deux petites introductions en bourse.
D’une façon générale, si le nombre de méga-sorties est similaire à celui de 2023, les transactions ont tendance à être légèrement plus petites. Par ailleurs, un léger changement s’opère dans la composition des sorties. Pour la première fois depuis 2014, les sorties vers les sponsors ont été plus nombreuses que les acquisitions par les entreprises. Les acquisitions de sponsors représentent un peu plus de la moitié du nombre des sorties depuis le début de l'année, pour 47,1 % de la valeur. Une tendance à mettre en relation avec les niveaux élevés de poudre sèche qui ont permis aux sociétés de capital-investissement de se déployer de manière agressive cette année, souvent sous la forme d'opérations entre sponsors.
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