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Stellantis persiste sur le besoin de stabilité réglementaire / Son dirigeant européen appelle à ce que les efforts de préparation n’aient pas été menés en vain

L'année 2025 marquera une nouvelle étape d'engagement en matière de transition électrique pour les constructeurs automobiles européens. Si le sujet fait débat, l'échéance n'est pourtant pas une surprise, a rappelé mercredi devant la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale le directeur général pour l'Europe élargie de Stellantis, Jean-Philippe Imparato. 
Jean-Philippe Imparato (crédits : Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale)
Jean-Philippe Imparato (crédits : Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale)

Moins de neuf semaines. C’est le temps qu’il reste (pour l’instant) aux constructeurs automobiles européens avant de faire face au durcissement de la norme Corporate Average Fuel Economy (CAFE), fixant un seuil moyen d’émissions de CO2 pour l’ensemble des véhicules neufs vendus. En cas de manquement, à compter de l’année 2025, ils encourront une sanction financière. "Ce n’est pas un changement de degré auquel nous allons faire face, mais un changement de grade qui n’a probablement jamais été vu dans notre industrie sur les cinquante dernières années. […] Ce qui est devant nous n’est (pourtant) pas une surprise : nous l’avons su à l’ouverture du Mondial de l’Automobile de Paris en 2018", a observé le nouveau directeur général pour l’Europe élargie de Stellantis, Jean-Philippe Imparato, dans le cadre d’une audition organisée mercredi par la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Effectivement, le sujet fait débat. Entre les constructeurs qui défendent un report de ce serrage de vis et ceux qui appellent à la stabilité des règles, comme Stellantis, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique Antoine Armand semble en tout cas avoir penché du côté des premiers. En début de semaine, il annonçait vouloir plaider auprès de la Commission européenne et de ses homologues en faveur des constructeurs engagés sur une trajectoire de décarbonation qui n’arriveraient pas à atteindre leurs objectifs. Une première étape en 2025 qui sera suivie par l’interdiction de vendre des véhicules thermiques en 2035, de son côté pas remise en cause.

 

Adaptation au gré des évènements

 

Il faut dire qu’en début d’année prochaine, l’addition pourrait s’avérer salée. Et la marche reste haute pour atteindre les objectifs de réduction d'émissions de CO2. "En janvier 2025, sur 100 voitures vendues en Europe, nous aurons à vendre 21 % de véhicules électriques. Ce matin [chez Stellantis], nous étions à 12 %. Et nous sommes leaders en France et à l’échelle européenne sur l’utilitaire, avec des taux de pénétration respectifs de 27 % et 38 %. […] Nous avons un effet de neuf points de mix en plus à fournir pour cent ventes… et un point de mix nous coûtera 300 millions d’euros, en termes de malus et d’amendes de la part de la communauté européenne. Nous allons nous organiser pour être capables de ne pas payer", a soutenu le patron européen du groupe dirigé par Carlos Tavares. Et de pointer : "Pourquoi ne voulons-nous pas bouger sur cette transition ? Il y a un seul moyen de régler la question des émissions de la mobilité individuelle, c’est l’électrique. Toute autre alternative dans un horizon visible n’est pas viable". Et Jean-Philippe Imparato l’a assuré : Stellantis est prêt, son dispositif industriel et ses capacités également.

Ses architectures permettant de produire des véhicules électriques sont de plus multi-énergies, capables de porter du 100 % électrique, de l’hybride ou bien encore du thermique. De quoi "s’adapter au gré des réglementations régionales ou locales", a expliqué Jean-Philippe Imparato. Et alors que les inquiétudes grandissent à propos de l’avenir de certains sites industriels du groupe, il a soutenu que le plan à trois ans qui allait être présenté d’ici peu aux organisations syndicales ne contenait pas d’annonces particulières, à ce stade, pour l’avenir de ses cinq usines d’assemblage. Tandis que trois milliards d’euros avaient été engagés ces dernières années pour faire évoluer ses sept usines d’organes et de composants dans l’Hexagone.

 

Un ralentissement mais pas d’arrêt

 

Parmi elles : les sites de Mulhouse, Valenciennes ou encore Douvrin. Stellantis compte d’ailleurs sur la montée en cadence de celui d’Automotive Cells Company (ACC), la gigafactory de batteries électriques dont le constructeur détient un tiers du capital afin de soutenir sa dynamique de transition. Mais le dirigeant l’a répété à plusieurs reprises. Tout ceci dépend essentiellement de l’état du marché. Un marché toujours plus concurrentiel et largement pénétré par les constructeurs chinois, dont l’un est désormais partenaire de Stellantis au travers de leur coentreprise Leapmotor International. L’Europe tente tant bien que mal de répliquer à l’offensive électrique du pays, comme en témoigne la récente décision de renchérir les droits de douane sur les véhicules qui en seront importés. Une bonne intention, a loué Jean-Philippe Imparato. Mais "les barrières douanières n’auront que peu d’effet, elles oublient la moitié du problème puisqu’elles ne concernent pas l’ensemble des véhicules. Cela permettra de ralentir les constructeurs chinois, mais en aucun cas de les arrêter. La seule porte de sortie est celle de la compétitivité", a souligné le dirigeant.

L’autre levier sera celui de l’acceptabilité. Et pour cela, pas de secret. Tout d’abord, la recharge. Le dirigeant l’a répété à de multiples reprises lors de son audition. Le réseau urbain commence à être complet, mais c’est loin d’être le cas en régions. Il s’agira de l’une des clés pour pousser les automobilistes à réaliser cette transition. Les acheteurs auront aussi besoin d’un coup de pouce financier. "Le maintien des politiques publiques en France est essentiel", a insisté Jean-Philippe Imparato, faisant référence à l’enveloppe d’1,5 milliard d’euros destinée à pousser les automobilistes à passer à l’électrique et qui pourrait être réduite dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025. "Il faut la maintenir et l’élargir aux véhicules d’occasion, aux entreprises et à tous ceux qui sont susceptibles d’acheter dans les prochains mois. Nous ne demandons pas une modification des règles, mais un accompagnement des clients. De grâce, s’il reste un espace budgétaire pour pousser la demande, faites-le : tout l’écosystème est concerné. En dehors du grand industriel que je représente, l’on parle aussi de nos 4 000 concessionnaires et agents en France, qui emploient des gens dans nos villages. Et tout cela se passe dans neuf semaines", a de nouveau pointé Jean-Philippe Imparato.

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