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Craintes sur l’industrie pharmaceutique après la nomination de Robert F. Kennedy Jr. / Mais les risques sur le secteur publicitaire sont à relativiser

La nomination de Robert F. Kennedy Jr. comme futur secrétaire à la Santé sous l'administration Trump a provoqué une forte pression boursière sur les fabricants de vaccins, comme Pfizer et Moderna, mais aussi les agences publicitaires, en raison de craintes liées à une potentielle interdiction des publicités pour les médicaments à la télévision. Dans ce deuxième domaine toutefois, les risques sont à relativiser, estime UBS.
Robert F. Kennedy - Photo by Matthew Hatcher / AFP
Robert F. Kennedy - Photo by Matthew Hatcher / AFP

En quelques jours, le choix de Robert F. Kennedy Jr comme futur secrétaire à la Santé sous l'administration de Donald Trump, a provoqué d’importants remous boursiers, non seulement sur le secteur pharmaceutique, en particulier chez les principaux fabricants de vaccins, mais aussi sur celui de la publicité.

D’un côté, on a vu les actions Pfizer, ou Moderna, qui s’étaient imposés comme leaders mondiaux dans la production de vaccins contre le Covid-19, perdre vendredi entre 5% et 6% à Wall Street, tandis qu’Astrazeneca et GlaxoSmithKline abandonnaient près de 4% à Londres, et Sanofi - acteur de référence dans le domaine des vaccins, particulièrement ceux contre la grippe saisonnière - plus de 3% à Paris. De l’autre, les cours de Bourse des plus grandes agences publicitaires se sont donc aussi retrouvées sont pression, à l’image d’Omnicom et Interpublic, qui ont chuté 8% et 7% respectivement à New York, tandis que Publicis cédait 5% à Paris et WPP 2% à Londres.

La raison ? Les craintes des investisseurs face à la nomination de Robert F. Kennedy Jr. comme secrétaire à la Santé découlent de son hostilité notoire envers l'industrie pharmaceutique. Un temps candidat indépendant à la présidentielle avant de soutenir Donald Trump, le neveu de John F. Kennedy est connu pour ses positions critiques envers les grandes entreprises pharmaceutiques dans l'influence des politiques de santé, qu’il accuse de privilégier les profits au détriment de la santé publique.

 

Antivax

 

Allant jusqu’à pointer une collusion entre les agences de santé publique et les grands laboratoires dans ses attaques, le futur secrétaire à la Santé est connu aussi pour avoir propagé des théories farfelues liant certains vaccins à des problèmes de santé comme l'autisme, des affirmations largement réfutées par la communauté scientifique.

De ce fait, si la nomination de Robert F. Kennedy Jr. (qui doit encore être confirmée par le Sénat), "un critique bien connu des vaccins, suscite des inquiétudes dans le secteur, [c’est parce qu’] elle signale une possible remise en question de l'approbation et de la réglementation des vaccins et d'autres produits pharmaceutiques", souligne John Plassard, directeur chez Mirabaud. Et ce, sachant que Donald Trump a lui-même "souvent exprimé son intention de réduire les prix des médicaments, une mesure qui mettrait directement en péril les marges bénéficiaires des grandes entreprises pharmaceutiques", ajoute-t-il.

Les craintes portent également sur le secteur publicitaire car l’une des propositions de Robert F. Kennedy Jr. concerne l'interdiction de la publicité pour les médicaments sur les chaînes de télévision. Selon lui, ces publicités participent à la médicalisation excessive de la société et incitent à la consommation de médicaments qui ne sont pas toujours nécessaires.

Pour autant, dans ce domaine, les inquiétudes semblent pouvoir être relativisées. Dans une note publiée lundi, les analystes d’UBS font premièrement remarquer qu’ "il n’est pas clair si les agences exécutives du département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis (en anglais : United States Department of Health and Human Services, HHS), chargé de la politique en matière de santé, et plus particulièrement la Food and Drug Administration (FDA), auraient le droit d’interdire la publicité plutôt que de simplement la réglementer". Un projet de loi présenté au Congrès en 2022 pour tenter d’interdire la publicité trompeuse n’avait d’ailleurs pas été adopté.

 

Exposition limitée

 

Deuxièmement, "l’exposition des agences publicitaire à une telle interdiction pourrait être plus faible qu’il n’y paraît au premier abord", poursuit la banque suisse. "Seul Interpublic est matériellement exposé à ce secteur, avec 29 % des ventes de 2023 provenant du secteur de la santé. Pour Omnicom, ce n’est que 16 %, Publicis 14 % et WPP 12 %", indique-t-elle.

En outre, les commentaires de Robert F. Kennedy Jr sur une interdiction se concentrent sur la télévision. Or, d’après une récente étude citée par UBS sur les e-marketeurs, seulement 28 % des dépenses publicitaires dans le secteur pharmaceutique et de la santé sont consacrées aux médias traditionnels.

De plus, réduire l’activité des agences à leur rôle de publicitaire dans des campagnes à destination du grand public est très réducteur dans le domaine pharmaceutique, où la cible principale est plus souvent le médecin, afin de le convaincre de prescrire tel ou tel médicament.

"Troisièmement, dans un scénario d'interdiction, nous pensons qu'il est probable que les annonceurs pharmaceutiques ne réduiront pas sensiblement leurs dépenses publicitaires globales, mais réaffecteront plutôt les dépenses existantes à des domaines qui ne sont couverts par aucune interdiction", estime UBS, qui conseillait lundi de profiter des récents trous d’air sur les actions Publicis et Omnicom pour renforcer ses positions.

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