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Aramis Group
Le plan stratégique d’Aramis Group se montre convaincant / Plusieurs leviers à activer pour passer à la vitesse supérieure
Aramis Group vise plus haut et les marchés apprécient. Le champion français de la vente en ligne de voitures d’occasion aux particuliers, dont Stellantis détient 60 % du capital, organise mercredi sa journée investisseurs, dans l’objectif de présenter ses ambitions stratégiques pour 2027 à la communauté financière. Ceci dans la foulée de la publication de ses résultats annuels de 2024 (son exercice décalé est clos au 30 septembre). Et depuis l’ouverture de la séance, à la Bourse de Paris, le titre grimpe d'environ 4 %. De fait, le groupe fondé par Nicolas Chartier et Guillaume Paoli en 2001 dispose d’une base solide pour préparer la suite, alors que les derniers douze mois auront été concluants.
Son chiffre d’affaires de 2,2 milliards d’euros a grimpé de 15 % en organique sur un an, tandis que les volumes des véhicules vendus aux particuliers se sont appréciés de près de 22 %, dont 12 % pour les reconditionnés et 81 % pour les pré-immatriculés. La progression des marges brutes par véhicules vendus a aussi été au rendez-vous : elle a même atteint un record au second semestre de 2024. L’Ebitda ajusté, à 50,5 millions d’euros, a de son côté été multiplié par plus de cinq sur un an.
Le cap est bien fixé
Il est anticipé qu’il dépassera 65 millions en 2025 et la marge correspondante devrait s’afficher à environ 5 % du chiffre d’affaires en 2027. "C’est un niveau réaliste car c’est celui que nous avons aujourd’hui en France", a expliqué le directeur financier d’Aramis Group, Fabien Geerolf, en marge de la présentation du plan stratégique aux investisseurs. Les volumes reconditionnés devraient quant à eux atteindre une croissance organique annuelle composée à deux chiffres sur la période 2024-2027, tandis que celle des volumes B2C totaux devrait se situer dans une fourchette allant de 5 % à 9 % au fil de la période.
Effectivement, le marché automobile a connu des jours meilleurs. Mais la direction ne s’inquiète pas outre mesure pour son segment des véhicules d’occasion. Il l’estime de fait à 420 milliards d’euros. "Le marché des véhicules neufs est cyclique, mais celui de l’occasion est historiquement stable. Il a fallu qu’advienne la combinaison de la crise du Covid-19, des semi-conducteurs et de la guerre en Ukraine pour le perturber", a remarqué le co-directeur général de l’entreprise, Guillaume Paoli.
Désormais, bien que toujours inférieurs aux niveaux d’avant-crises, les prix reviennent à la normale. Et certaines tendances de fond devraient aussi porter la croissance du marché des véhicules d’occasion vers le haut. Il y a celle de l’électrique, par exemple. Ces véhicules devraient représenter 45 % des parts de marché du véhicule d’occasion, d’ici à 2035, dans les 6 pays où opère le groupe. En 2024, la proportion s’affiche à 4 %. "Nos usines sont prêtes et ils représentent une vraie opportunité", a expliqué Guillaume Paoli, prenant notamment en exemple les réticences des consommateurs à acheter directement des véhicules d’occasion à d’autres particuliers, en raison d’inquiétudes liées à l’état des batteries.
De la convergence, de la valorisation et de la technologie
D’autant plus qu’Aramis Group a un plan de bataille organisé pour atteindre ses objectifs, au travers de deux grands leviers stratégiques. Tout d’abord, la convergence et la valorisation de son empreinte européenne pour permettre à sa plateforme, présente sur l’ensemble de la chaîne de valeur, d’optimiser ses pratiques d’approvisionnement, d’harmoniser ses processus de reconditionnement, ses délais, sa qualité ou son efficacité. Une nouvelle étape de mutualisation des savoir-faire et d'intégration après avoir racheté plusieurs entités en 2022, comme Onlinecars en Autriche ou les activités italiennes de Cazoo. Désormais installé dans ces deux pays, ainsi qu’en France, en Espagne, en Belgique et au Royaume-Uni, le groupe restera toutefois ouvert aux opportunités de fusions et acquisitions pertinentes.
Deuxième axe stratégique : améliorer encore l’expérience des clients et soutenir les équipes au travers de la technologie et des données, pour continuer à enrichir son modèle. "Nous investissons principalement dans la technologie", a indiqué le directeur financier du groupe. De quoi garantir des interactions plus personnalisées, améliorer la plateforme d'achat ou encore le parcours de financement. De leur côté, les centres de reconditionnement auront aussi de quoi monter en cadence, alors qu’ils ne sont aujourd’hui utilisés qu’à hauteur de 65 % de leurs capacités.
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