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Retard stratégique pour Mersen, mais les relais de croissance sont là / Un ajustement temporaire de la feuille de route

Si Mersen voit ses objectifs 2024 repoussés en raison de la baisse de la demande dans les secteurs des semi-conducteurs et des véhicules électriques, l’entreprise confirme la solidité de ses fondamentaux. Avec une stratégie bien ancrée dans la transition énergétique et des investissements significatifs dans les énergies renouvelables et les semi-conducteurs, Mersen reste sur une trajectoire de croissance soutenue à long terme.
L'équipe dirigeante de Mersen, lors du Capital Markets Day du 5 décembre 2024
L'équipe dirigeante de Mersen, lors du Capital Markets Day du 5 décembre 2024

Un exercice de communication réussi. Décaler sa feuille de route de deux ans tout en voyant son cours de Bourse gagner plus de 6 % en deux jours témoigne certaine confiance des investisseurs dans la stratégie menée par le groupe de spécialités électriques et des matériaux avancés sur le long terme.

Il faut dire que ces derniers ont conscience depuis quelques mois déjà de l’atonie prolongée de certaines relais de croissance de l’entreprise, la capitalisation boursière de Mersen ayant été réduite de moitié depuis les plus hauts du mois de mai autour des 40 euros. Une baisse que l’abaissement des perspectives 2024 annoncé en octobre a contribué à prolonger.

En cause, principalement, le recul du marché solaire en Chine, et le ralentissement des ventes dans le secteur des semi-conducteurs. Les fabricants de silicium et de carbure de silicium ont accumulé des stocks élevés, entraînant une diminution de la demande pour les composants de Mersen.

À cela s’ajoute aussi le ralentissement, observé depuis le début du second semestre 2024, du marché des véhicules électriques. Dans ce domaine, Mersen vend notamment des produits en graphite dédiés à la dissipation de chaleur et à la gestion thermique des batteries de véhicules électriques.

Le groupe est également impliqué dans la production de carbure de silicium (SiC), un matériau clé dans les secteurs des semi-conducteurs, des véhicules électriques et de l’énergie renouvelable. Il est utilisé dans la fabrication de composants électroniques de haute puissance et d’équipements de conversion de l’énergie, essentiels pour ces industries. Avec des applications essentielles, donc, pour la transition énergétique et la décarbonation, des marchés que Mersen cherche à développer de manière stratégique depuis un certain temps.

 

Relais de croissance

 

"Vous avez vu le groupe un se transformer ces dernières années", a rappelé jeudi Luc Themelin, directeur général de Mersen, à l’occasion du premier Capital Markets Day de l’entreprise depuis six ans. Cette mutation s’est amorcée en 2016, lorsque Mersen, en quête de nouveaux relais de croissance, "a trouvé sa voie grâce à des marchés émergents qui vont encore accélérer.", a poursuivi le dirigeant.

C’est ainsi que Mersen avait franchi la barre symbolique du milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2022, et dépassé 1,2 milliard d’euros en 2023.

En raison du ralentissement temporaire des marchés des véhicules électrique et des semiconducteurs SiC, la trajectoire d’accélération va désormais prendre un peu plus de temps que prévu. La croissance organique va se limiter entre 1 % et 2 % en 2024. Et les objectifs de chiffre d’affaires autour de 1,7 milliard d’euros, de marge opérationnelle courante autour de 12 % et de marge d’Ebitda autour de 19 % (et de ROCE autour de 13 %) que le groupe s’était fixés dans le cadre de sa feuille de route 2027 sont désormais visés pour 2029.

En attendant, les marchés des industries traditionnelles fournies par le groupe demeurent solides. Notamment l’aéronautique. "Nous sommes très présents sur les dispositifs de conversion de puissance électrique, nécessaires pour de nombreuses fonctions comme les système de démarrage, la lumière, la climatisation des avions", rappelle à WanSquare Luc Themelin. "Côté matériaux, c’est un marché clé pour nous, notamment auprès des fabricants de moteurs et de turbines. Les matériaux en graphite que nous fournissons jouent un rôle crucial dans les fours utilisés pour produire ces pièces à haute température. Grâce à notre expertise, nous couvrons environ 90 % de ce marché, qui reste très concentré", ajoute le dirigeant.

 

Une solide génération de trésorerie

 

Ces marchés traditionnels sont partie intégrante de la stratégie. Ils constituent " une base solide et génératrice de trésorerie. Cela nous a permis d’investir 300 millions d’euros sur des segments en forte croissance comme l’énergie renouvelable, les semi-conducteurs, et les véhicules électriques", explique également Luc Themelin. C’est ainsi que ces relais de croissance, qui représentent le quart du chiffre d’affaires aujourd’hui, devraient atteindre une proportion de 40 à 45 % d’ici 2029, grâce aux investissements engagés.

"Certes, le marché des véhicules électriques accuse un retard, ce qui décale notre plan stratégique de deux ans. Cependant, cela ne remet absolument pas en cause nos objectifs. Les fondamentaux restent solides, et ces marchés continueront à être des moteurs de croissance à long terme", souligne le dirigeant.

A court terme, l’exercice 2025 sera de transition. Mersen anticipe une baisse des ventes de SiC et une faible croissance des ventes de véhicules électriques. Pour compenser ce décalage, le groupe accélère d’ailleurs ses initiatives en matière de productivité, de rentabilité et de génération de cash. Mais, observent les analystes de Stifel, in fine, "Mersen, qui a longtemps été un groupe cyclique sans croissance, est (et reste) aujourd’hui sur une dynamique de croissance organique de 5 % alors que 80 % de ses produits sont orientés vers la transition énergétique".

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