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Stellantis monte une nouvelle co-entreprise avec le géant chinois des batteries électriques CATL / Et compte aussi se rapprocher des autres constructeurs automobiles européens en réintégrant l'ACEA

Le constructeur automobile a annoncé la création d’une co-entreprise avec le géant chinois des batteries lithium-fer-phosphates, moins onéreuses, qui profitera d’une enveloppe d’investissements de 4 milliards d’euros. Stellantis garde le cap sur son objectif de produire des véhicules électriques plus abordables, alors que l’ensemble de son industrie fait face à une transition électrique accélérée. Un contexte qui l’aurait aussi poussé à trouver un intérêt à collaborer à ce sujet avec ses pairs, comme en témoigne son intention de réintégrer l’Association des constructeurs européens d’automobiles, qu’il avait pourtant quittée en 2022 sous l’impulsion de Carlos Tavares.
(Photo by Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
(Photo by Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Malgré le flou qui entoure les débouchés des véhicules électriques, Stellantis tient la cadence. Une semaine après l’annonce du départ de Carlos Tavares de sa direction générale, le groupe franco-italo-américain a en effet fait savoir mardi qu’il avait conclu un accord avec le géant chinois des batteries électriques, CATL, en vue d’investir jusqu’à 4,1 milliards d’euros dans la création d’une coentreprise, destinée à construire une usine de batteries lithium-fer-phosphates (LFP) sur le site de Saragosse de Stellantis, en Espagne.

Cette entité sera détenue à parts égales par le groupe franco-italo-américain et l’entreprise chinoise. Elle prend la suite de la signature d’un accord stratégique conclu entre les deux entreprises à la fin de l’année 2023 et permettra de renforcer l’offre "LFP de Stellantis, la meilleure de sa catégorie en Europe, permettant au constructeur automobile de proposer davantage de voitures particulières, de crossovers et de SUV électriques de qualité, durables et abordables dans les segments B et C, avec des autonomies intermédiaires", pointent les deux sociétés. Une technologie aux avantages différents de celle des batteries nickel, manganèse et cobalt (NMC), pour l’instant majoritairement utilisées en Europe. Si les batteries LFP présentent moins d’autonomie que les NMC, elles sont en revanche moins coûteuses à fabriquer.

 

"Double-chimie"

 

À l’occasion de cette annonce, Stellantis a souligné que son engagement à proposer des véhicules électriques accessibles s’appuyait sur sa stratégie de double-chimie, soit celle de batteries LFP et NMC. Ces dernières sont de leur côté produites par Automative Cells Company (ACC), sa co-entreprise avec Mercedes et TotalEnergies, qui viendrait par ailleurs de conclure un prêt bancaire de 850 millions d’euros pour développer sa production en France, grâce à une nouvelle ligne de production. Pour mémoire, ACC avait en revanche suspendu deux projets de production en Italie et en Allemagne, en raison, justement, de l’évolution des technologies des batteries. Une phase de recherche, afin de pouvoir industrialiser des produits plus abordables – soit les batteries LFP – avait donc pour projet d’être menée.

Un point non négligeable, dans la mesure où les prix des véhicules électriques restent pour l’instant une barrière importante dans sa diffusion chez les consommateurs européens. "Stellantis s’engage pour un avenir décarboné, en adoptant toutes les technologies de batteries avancées disponibles afin d’offrir à nos clients des véhicules électriques compétitifs", a déclaré John Elkann, le président de Stellantis. La production devrait débuter d’ici à la fin de l’année 2026 et l’usine pourrait atteindre une capacité allant jusqu’à 50GWh, en fonction de l’évolution du marché électrique en Europe, du soutien des autorités espagnoles et de l’Union européenne.

 

Rester compétitif

 

Il faut dire que Stellantis l’a maintes et maintes fois souligné et Carlos Tavares en avait fait l’un de ses chevaux de bataille : la seule porte de sortie pour les constructeurs européens soumis à une rude concurrence internationale, dans la course à l’électrique, sera celle de la compétitivité. C’est dans cette optique que le groupe avait d’ailleurs créé en fin d’année dernière une co-entreprise avec le constructeur électrique chinois Leapmotor, dont le premier modèle est désormais à la vente depuis quelques semaines.

La période de transition est effectivement délicate pour l’ensemble du secteur automobile du Vieux continent, également soumis à des exigences réglementaires qui l’y obligent. "Stellantis est fermement engagé dans la transition vers l’électrification en s’appuyant sur notre technologie multi-énergie. Nous abordons avec rigueur et engagement les défis majeurs auxquels est confrontée l’industrie automobile européenne", commentait de son côté aujourd’hui Jean-Philippe Imparato, le directeur de l’Europe élargie de Stellantis, à l’occasion de l’officialisation de la demande du groupe de rejoindre l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA).

 

Désaccords et alignements

 

Un lobby représentant les intérêts des (pour l’instant) quinze principaux constructeurs européens de voitures et que le groupe avait quitté en 2022 sous l’impulsion de son directeur général d’alors. Si Stellantis a plusieurs fois affiché ses désaccords avec l’entité, notamment au sujet d’un éventuel report ou assouplissement des sanctions financières relatives au renforcement de la norme CAFE qui interviendra en janvier 2025, il semblerait donc que l’entreprise ait finalement trouvé un intérêt à collaborer avec ses pairs. Une volonté de rejoindre les rangs de ses homologues européens et de participer ainsi plus activement aux négociations avec l'Europe, qui n’indique néanmoins pas que le groupe changera de cap quant à ses nombreux appels à la stabilité réglementaire.

Mais Jean-Philippe Imparato d’ajouter : "L’ACEA représente pour nous la plateforme idéale pour travailler en synergie auprès de nos pairs et des parties prenantes et élaborer une feuille de route commune visant à renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur". Sous réserve de l’approbation du conseil d’administration de l’ACEA, l’adhésion serait effective dès le 1er janvier prochain.

 

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