Régis Turrini rejoint Patrick Drahi
On l’attendait plutôt dans une banque d’affaires, c’est finalement chez Altice que l’on va retrouver Régis Turrini, ancien patron de l’APE, poussé vers la sortie par l’Etat l’été dernier. Cet énarque de 55 ans vient en effet de signer avec Patrick Drahi pour s’occuper des sujets de régulation, des pouvoirs publics, des partenariats et de l’international au sein d’Altice et de SFR. Il connaît d’ailleurs bien cette dernière puisqu’il a notamment été membre de son conseil d’administration lorsqu’il était encore chez Vivendi en tant que directeur des fusions et acquisitions, avant de passer à l’APE. Il était ainsi dans la place lors de la tumultueuse vente de l’opérateur télécoms à Patrick Drahi.
Régis Turrini revient ainsi à ses premières amours sur des problématiques qu’il connaît sur le bout des doigts. Il faut dire qu’il n’avait guère le choix puisque pour des raisons déontologiques inscrites dans le marbre, il ne pouvait pas aborder les secteurs d’activité qu’il avait supervisés lorsqu’il était à l’Agence des participations de l’Etat. Ce qui ne lui laissait pas beaucoup de marges de manœuvre puisqu’il avait touché à pas mal de choses. Notamment l’énergie avec Alstom/GE, l’automobile avec Renault ou l’aérien avec Air France-KLM. Ce qui l’a d’ailleurs convaincu de ne pas entrer dans le monde du conseil dans une banque d’affaires, où il aurait vu son champ des possibles assez restreint. Alors qu’il préfère être en direct du côté des entreprises.
C’est donc une nouvelle grosse pointure que vient de s’adjoindre le patron d’Altice après avoir déjà récupéré Michel Combes, l’ex patron d’Alcatel-Lucent, venu rapidement le rejoindre dès l’encre de la signature de la vente à Nokia séchée. Le SFR d’aujourd’hui ne ressemble pourtant sûrement plus à celui que Régis Turrini a connu au moment de sa cession. Mais les enjeux sont restés les mêmes, surtout à l’international et sa connaissance des pouvoirs publics en fera un interlocuteur privilégié. De quoi rassurer les marchés financiers après les soubresauts connus par les titres du groupe en fin d’année dernière.
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