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Que devient Régis Turrini (ex-APE) chez SFR ?

Celui qui a passé près d’un an à l’Agence des Participations de l’Etat est arrivé en 2016 chez SFR en tant que Secrétaire Général. Cet expert des télécoms ne regrette en rien son passage dans le public mais vante aujourd’hui l’agilité d’un Patrick Drahi.
Régis Turrini
Régis Turrini

 

 

 

Régis Turrini connaît très bien sa nouvelle maison. Bien que l’ex-dirigeant de l’Agence des Participations de l’Etat n’ait intégré SFR que cette année, le parcours du nouveau Secrétaire Général du groupe de Télécoms a souvent été lié au destin de la firme, aujourd’hui dans les mains de Patrick Drahi. En 2014 lorsqu’il était chez Vivendi, Régis Turrini a notamment œuvré sur la cession de l’opérateur au logo rouge à Numericable. Aujourd’hui, plus question de scission. Régis Turrini travaille à redorer l’image de SFR auprès des régulateurs et des pouvoirs publics de manière à faciliter le business en lui-même.

 

Avocat de formation, cet expert au carnet d’adresses très fourni, est passé par les bancs de l’IEP de Paris, avant d’intégrer l’ENA (promotion Liberté-Egalité-Fraternité, 1987-89, la même que Jean-François Copé ou encore Nicolas Dupont-Aignan). Après plusieurs expériences dans le monde juridique, il devient associé-gérant d'Arjil & associés banque (groupe Lagardère) de 2000 à 2002 puis rejoint Vivendi. Au cours de cette expérience, il vendra notamment Numericable, alors filiale de Canal+, à Patrick Drahi et rachètera la part complète de Vivendi dans SFR auprès de Vodafone. Au sein du groupe emmené alors par Jean-Bernard Lévy, il occupera de nombreux postes dont celui de Senior Executive Vice President et Head of mergers & acquisitions de 2012 à 2014.

 

Ces deux dates correspondent également à deux années extrêmement importantes pour SFR. "L’arrivée de Free a bousculé l’état d’esprit. SFR sortait de 20 ans de croissance ininterrompue. Tout à coup, il fallait changer", raconte Régis Turrini. Et d’ajouter qu’"à partir de 2012, SFR a connu un nombre anormalement élevé de PDG". C’est pour cela que Vivendi pense à cette période à se séparer de son opérateur, pour se concentrer sur les médias. "Pendant cette phase de réflexion, la société a été un peu laissée à l’abandon. On a travaillé pendant des mois sur un projet de spin-off alors qu’on aurait dû se concentrer avant tout sur le business", estime notre interlocuteur. Toutefois, deux offres sont venues se greffer à cette possibilité : celle de Bouygues et celle d’Altice, qui emportera finalement le morceau. "L’intérêt de cette option, c’est que c’était une option industrielle et moins risquée que de laisser SFR voler de ses propres ailes", commente Régis Turrini.

 

Puis, en 2014, porté par Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Economie, Régis Turrini devient Commissaire aux participations de l’Etat. Poste où il travaillera notamment sur le dossier Areva. Mais aujourd’hui la page est tournée. "Je ne regrette pas d'être passé par le public, c’était absolument passionnant. L'administration traite de sujets qui sont uniques en termes d’importance et on a le sentiment de jouer un rôle -modeste- pour notre pays", indique l’intéressé. Mais de nuancer : que le public "reste très compliqué, très lourd, très lent et souvent déchiré entre des enjeux contradictoires".

 

Soit tout l’inverse de ce qui résume Patrick Drahi. Même si l’homme est à l’écoute, il reste le seul maître à bord chez Altice, ce qui accélère considérablement le processus de décision. "Une chose est sure : Patrick Drahi n’est pas bureaucratique. Il est dans l’agilité et la souplesse", précise Régis Turrini. Actuellement le vaisseau amiral du groupe se concentre sur la convergence télécoms/contenus. Car pour mémoire, Patrick Drahi est à la tête de l’Express, Libération ou encore BFM TV. De son côté, Régis Turrini planche sur les relations avec les régulateurs. "C’est nécessaire d’avoir de bons rapports avec les autorités pour un acteur autant régulé qui ne fait rien sans en avertir les pouvoirs publics", estime celui qui est persuadé que la stratégie globale d’Altice portera ses fruits.

 

 

 

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