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Feuilleton de l'été / Banquiers d'affaires

Feuilleton de l'été
Banquiers d'affaires

Maxime de Bentzmann, Eurazeo : un métier bien plus large que la finance

Peu attiré par la finance lors de ses études à l’Essec, Maxime de Bentzmann a fait ses armes chez Rothschild où il a noué de solides amitiés, avant de revenir dans l’investissement chez Eurazeo. Il apprécie les dimensions stratégiques, humaines et d’accompagnement des dirigeants, dans une firme qui a en outre beaucoup changé.

Une carrière peut parfois se jouer à des choses aussi futiles qu’un réveil, comme celui que Maxime de Bentzmann avait oublié en ce matin de concours à l’Essec, avant que sa mère ne le réveille in extremis. Il faut dire que le jeune homme n’était pas vraiment consumé par l’envie d’apprendre la finance, matière pour laquelle il était régulièrement médiocre. Il était plutôt baigné dans une culture entrepreneuriale dans sa famille, et en est finalement resté assez proche : "je n’ai pas dérivé de ma vision initiale", estime-t-il. Entre temps, il a voulu "bourlinguer", explorer différents horizons et continents pendant ses études, un échange en Allemagne, un stage chez l’hôtelier Jin Jiang en Chine et enfin un stage de fin d’études en financement LBO chez Calyon, à New York. L’anecdote veut d’ailleurs qu’entre celui-ci et un autre en marketing chez Shiseido, le hasard ait choisi tant il était peu décidé.

A son retour, il a voulu voir l’envers du décor, a candidaté dans une trentaine de fonds et trouvé un stage chez Eurazeo, dont il a tout de suite aimé l’équipe. Mais une fois le diplôme en poche, il entre chez Rothschild, qui lui promet de longues et pénibles semaines de travail. "Cela a été trois ans intenses mais dont je garde un bon souvenir, je me suis fait un cercle d’amis au plan professionnel et personnel", se souvient Maxime de Bentzmann. D’Emmanuel Macron, alors associé-gérant dans la maison, il garde le souvenir de l’homme affable et capable de nouer des relations très rapidement.

Eurazeo le rappelle en 2011, qui souhaite renforcer ses équipes. Une fonction qu’il connaît bien, lui qui s’occupe désormais beaucoup de recrutement. "Nous cherchons surtout des gens qui ont le bon ‘fit’ avec le groupe et la bonne attitude, le métier peut s’apprendre", selon lui. Depuis lors, il a travaillé sur de nombreux deals passionnants à l’image d’Asmodee, le fabricant de jeux qu’Eurazeo est actuellement en train de vendre. Lorsqu’ils l’ont acheté en 2014, la société dégageait 12 millions d’euros d’Ebitda et grâce à une politique d’acquisitions et de croissance fulgurante, l’a propulsé à une centaine de millions d’euros. Ou encore Guillon et Leroche, deux écoles suisses dont ils ont totalement renouvelé le comex, un travail de longue haleine au plan humain.

"Je ne considère pas que je fais de la finance, mais plutôt un mix de stratégie, transactionnel, RH et surtout d’accompagnement des dirigeants, ce qui est très enrichissant", juge ce trentenaire, qui a organisé par exemple l’IPO du loueur de linge Elis et siège toujours à son conseil d‘administration. Il a aussi été le témoin de la transformation de la firme, Virginie Morgon ayant imprimé son style et profondément transformé la maison. Qui compte toujours sur sa plateforme de capital permanent, mais a enrichi son offre de gestion pour compte de tiers, avec Idinvest Partners et Rhone à New York.

Outre dans son métier, la prise de risques est semble-t-il ce qui attire ce trentenaire, père de deux enfants et qui continue de sauter régulièrement en parachute avec quelques amis. Il n’a pas froid aux yeux, comme en témoigne son prochain défi de taille : après avoir fait le Groënland, organiser une expédition en autonomie, à deux et avec une paire de skis, dans l’Antarctique.

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