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M&A : deuxième partie de l'année à hauts risques
Rarement une année aura été aussi atypique, augurent déjà plusieurs banquiers d’affaires. Alors que se termine la première moitié de 2018, certains d’entre eux font déjà des pronostics. Les trois premiers mois de l’année ont ainsi été d’une rare vigueur, « et l’on a carrément fait notre année sur ce premier trimestre dans le domaine des M&A », confie à WanSquare un grand banquier de la place. Mais celui-ci est aujourd’hui confronté à un phénomène pour le moins anxiogène : presque tous les projets qui devaient aboutir d’ici à la trêve estivale sont soit reportés, soit annulés. Laissant augurer une deuxième partie de l’année beaucoup moins rose. « D’habitude, c’est le contraire. Les premiers mois sont moroses, les investisseurs attendant d’y voir un peu plus clair avant de se lancer. Et dans ce contexte, la dernière partie de l’année est souvent très dynamique. Or là, on assiste à l’inverse », ajoute ce professionnel.
A croire que les incertitudes nées des tergiversations de Donald Trump avec tous les grands de ce monde, mais aussi de l’irrémédiable remontée des taux et de ses incidences sur les devises, ont finalement raison d’un moral que l’on pensait d’acier. Certes, quelques signaux sont venus rappeler à toutes les parties prenantes de la sphère financière que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. A commencer par la légère révision à la baisse des perspectives de croissance aussi bien européenne que française.
Ensuite, il est avéré que si les indices boursiers sont toujours dans une dynamique relativement positive, tout comme le rythme de progression des bénéfices des grandes entreprises, il n’y a aucune reprise de l’investissement, bien au contraire. Autre élément symptomatique : la faiblesse du marché primaire actions, preuve du faible appétit des investisseurs boursiers. Et ce ne sont pas les échecs des IPO de Novares, Autodis ou Delachaux qui viendront dire le contraire.
Après un début d’année plutôt terne pour les ECM, les M&A vont-elles donc être touchées à leur tour ? Sur le papier, la situation d’argent facile provoquée par le QE de la BCE est appelée à se résorber au regard de son arrêt programmé. Ce qui pourrait refroidir les velléités de certains. Il n’empêche que ce retour à la normale ne sera pas effectif avant de nombreux mois, laissant toute possibilité de faire encore très facilement son marché. D’autant que les entreprises ont profité de la récente période de basses eaux, pour se désendetter et reconfigurer leur stratégie d’endettement.
Mais encore faut-il qu’elles osent s’affranchir d’un contexte géopolitique et macro-économique moins avenant qu’en début d’année. L’Etat ne devrait d’ailleurs pas vraiment donner le la à la rentrée puisque les opérations de cession de son patrimoine ne sont pas prévues avant début 2019, en tout cas celles nécessitant une révision légale avant leur mise en œuvre. Témoin de cet attentisme ambiant, le CAC 40 qui, après avoir débuté 2018 sur les chapeaux de roues, revient à l’équilibre, ne progressant plus que de 1% par rapport au 1er janvier et cédant presque 5% sur un mois. Mais peut-être les vacances auront-elles un effet bénéfique sur les entrepreneurs et leur volonté de croquer quelques concurrents ou partenaires et de reprendre le chemin de l’investissement.
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