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Aston Martin, un roadster pour réveiller les IPO en Europe
Le mythique cabriolet de l’agent secret 007 dans les films James Bond va-t-il faire son entrée à la Bourse de Londres ? C’est en tout cas l’intention des principaux actionnaires d’Aston Martin, qui ont enregistré son document de base à la Bourse de Londres pour une IPO d’ici la fin de l’année. Fin 2007, le fonds du Koweït Investment Dar avait pris 50% du constructeur de voitures de sport pour une valorisation de 480 millions de livres, puis le fonds InvestIndustrial d’Andrea Bonomi – celui-là même qui s’était battu contre Fosun pour emporter le Club Med il y a quatre ans - était entré au capital fin 2012 afin de renforcer les moyens d’Aston Martin face à Porsche et Ferrari, et investi 150 millions de livres pour 37,5% du capital.
Aujourd’hui, le groupe est revenu à la rentabilité sous l’impulsion d’un plan stratégique de trois ans de son CEO Andy Palmer, et l’IPO a principalement pour objectif d’organiser la sortie des actionnaires. Quatre banques d’affaires de renom ont été mandatées pour organiser ce qui serait la troisième plus importante introduction de l’année en Europe, derrière Siemens et DWS en Allemagne : Deutsche Bank qui l’a déjà accompagné pour ses émissions high yield, Goldman Sachs, JP Morgan et Lazard. Sur les conseils de ces derniers, Aston Martin pourrait placer 1 milliard de livres (1,1 milliard d’euros) de titres sur le marché, pour une capitalisation de 5 milliards de livres (5,5 milliards d’euros).
Ce projet d’IPO n’est pas sans rappeler celui de son concurrent italien Ferrari justement, qui avait quant à lui choisi New York pour son introduction en Bourse. Il avait alors levé 900 millions de dollars, et son titre s’est depuis envolé, et a été multiplié par 2,5 en moins de trois ans. Reste que même en comparant à cette success story, Aston Martin semble gourmand sur son prix d’entrée, qui le valoriserait à 20 fois ses profits 2019, contre 15 fois pour le constructeur italien.
Surtout, le groupe mise sur sa forte identité britannique – le Prince William avait ainsi choisi une de ses voitures pour son mariage avec Kate Middleton en 2011 – pour organiser une IPO à Londres, en plein Brexit. Le pays a subi le départ de certaines activités des grandes banques d’investissement, mais aussi le ralentissement des entrées en Bourse en raison de l’incertitude qui entoure sa sortie de l’UE. Mais il n’est pas le seul : le marché européen des IPO est à la peine, avec 175 opérations pour 23,2 milliards d’euros depuis le début de l’année, un volume en baisse de près de 20% par rapport à l’an passé alors que les chiffres mondiaux restent stables.
Quoi qu’il en soit, Aston Martin sera un cas prégnant du sentiment des investisseurs sur le Brexit, mais aussi la valeur de ce segment automobile haut de gamme, et leur capacité à augmenter la production sans dégrader la marque. S’il réussit comme Ferrari avant lui, cela pourrait mettre la pression sur les grands groupes automobiles pour qu’ils organisent le spin-off de leurs pépites, comme Volkswagen avec Porsche, Bentley ou encore Bugatti et Lamborghini.
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