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IPO : le fossé entre Europe et Etats-Unis se creuse, la France reclassée
Après un millésime 2017 proche des plus hauts historiques de 2017, le marché des IPO a été chahuté en début d’année, notamment après le coup de chaud de février dernier sur les Bourses mondiales. Selon le baromètre réalisé par EY, le nombre d’introductions en Bourse a ainsi chuté de 21% au premier semestre, avec 660 opérations qui ont néanmoins levé 5% de plus que l’an passé, à 4,3 milliards de dollars.
Et une fois n’est pas coutume, ces données cachent une réalité bien différente entre les Etats-Unis, où l’appétit des investisseurs ne se dément pas malgré le regain de tensions commerciales avec la Chine, et l’Europe qui reste globalement à la traîne. Outre-Atlantique, le nombre d’opérations a augmenté de 18% et les montants engrangés de 36%, à 35,3 milliards de dollars. Les US sont redevenus la région la plus dynamique sur ce plan, pour la première fois depuis 2014. Ces résultats sont dus à la bonne orientation des marchés, qui n’ont jusqu’à présent pas flanché malgré l’escalade des tensions commerciales, mais aussi à la bonne performance des IPO, qui ont en moyenne gagné plus de 10% lors de leur premier jour de Bourse.
Le pays profite certes de l’appétit pour les sociétés techs, comme en témoigne l’IPO de Dropbox fin mars, le titre ayant bondi de 50% par rapport à sa mise à prix. Les investisseurs sont certes plus exigeants et réclament des perspectives de rentabilité et de dividende, mais cela n’empêche pas les jeunes pousses de se bousculer : 13 IPO ont eu lieu en une seule semaine sur le marché US, dont huit sur la seule journée de mercredi, soit un record depuis 2015 ! Les gesticulations et tweets impromptus du Président ne semblent pas, pour le moment, avoir raison de la demande d’investisseurs encore très pourvus en liquidités.
De l’autre côté de l’Atlantique, le tableau est plus mitigé puisque le nombre d’opérations a chuté de 4%, même si les IPO sont aussi plus grosses, en hausse de 10% au global. La France a plus que tout autre pâti de l’aversion pour le risque et l’atonie de la demande, car on se rappelle que les introductions d’envergure comme Novares, Autodis ou encore Delachaux ont toutes été reportées. Le Vieux Continent n’a ainsi levé que 250 millions d’euros, un bien maigre butin face au 1,8 milliard du premier semestre 2017. Certes, des opérations montrent que l’Europe a des atouts à défendre comme les 850 millions d’euros levés par Adyen à Amsterdam ce mois-ci, soit la plus importante entrée en Bourse tech en Europe depuis cinq ans !
Mais si l’environnement reste très incertain et que la volatilité a brièvement fait son retour sur les marchés, tous les espoirs ne sont pas perdus pour le reste de l’année, car les fondamentaux sont bons, comme les résultats des sociétés, des taux encore bas surtout en Europe et des valorisations très bien orientées. Marc Lefèvre d’EY anticipe ainsi une tendance positive au deuxième semestre, sauf choc sur les marchés, et le pipeline d’IPO est prometteur en France, à l’image des prochains candidats Gefco, Neoen ou Roche Bobois. Ce deuxième semestre sera donc crucial pour démontrer que Paris n’est pas encore marginalisé dans la course mondiale aux IPO.
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