Diminution de la présence des CEO dans les conseils du CAC 40
Le cabinet de chasseurs de têtes, Russell Reynolds, a fait un point sur la composition des boards des grandes sociétés cotées (CAC 40 et SBF 120). Parmi les points saillants de cette étude 2018, parue mardi : la diminution de la présence des CEO dans les conseils du CAC 40. En effet, alors que 33 administrateurs sortants avaient une expérience de CEO, c’est le cas pour seulement 21 nouveaux administrateurs en 2018. "La diminution du nombre d’administrateurs avec une expérience de direction générale au sein des Conseils est une tendance que nous observons avec attention. C’est une compétence indispensable au bon fonctionnement des Conseils", explique Marc Sanglé-Ferrière, co-responsable de la CEO/Board practice de Russell Reynolds Associates en Europe.
Plusieurs facteurs seraient à l’origine de cette évolution. D’abord la féminisation des boards. "On a fait entrer massivement des femmes dans les conseils d’administration. Ces dernières ont souvent moins d’expériences de direction générale. On peut espérer que l’on verra des femmes monter dans les comités exécutifs. Ce qui permettrait de rétablir la proportion d'administrateurs avec des expériences de CEO", estime Paul Jaeger, managing director, Russell Reynolds Associates France. La féminisation a également entraîné un rajeunissement des conseils, rajeunissement qui implique aussi moins d’expérience en direction générale (58 ans : âge moyen des nouveaux administrateurs ; 53 ans : âge moyen des nouvelles administratrices, contre respectivement 66 et 61 ans pour les administrateurs et administratrices sortants). Autre facteur pouvant expliquer la diminution du nombre de CEO : l’augmentation du nombre d’administrateur-salariés, 26% des nouveaux administrateurs étant des représentant des salariés.
Pour ce qui est de la féminisation des comités exécutifs, les femmes représentent 17% des membres de ces hautes instances au sein du CAC 40, contre 16,5% en 2017. "Quand on voit le retard qu’avait la France, que rien ne bougeait, l’évolution est historique", commente Paul Jaeger. Toutefois, les femmes restent encore sous-représentées dans les responsabilités opérationnelles : elles ne sont que 28% à occuper ce type de responsabilités au sein du CAC 40 et 33% au sein du SBF 120.
Autre point marquant dans cette étude : l’émergence du sujet de l’innovation dans les conseils, avec une proportion d’entreprises du CAC 40 ayant un comité digital, scientifique, de recherche et/ou d’innovation, passant de 5% à 12,5%. Sont concernés : Orange, Safran, Sanofi, Schneider Electric, et Veolia Environnement. "Quand on sait le temps et le travail que demande la fonction d’administrateur d’une grande société, on se dit que si les dirigeants font le choix de dédier un comité à la question de l’innovation, c’est qu’ils estiment que c’est un vrai sujet", rapporte Paul Jaeger. Par ailleurs, la RSE poursuit sa montée en puissance, avec un nombre de comités spécialisés toujours en hausse (32,5% en 2017, 50% en 2018).
Enfin, dernier enseignement notable de cette étude, le montant des jetons de présence. En 2018, au sein du CAC 40, ils sont 43% moins élevés pour les administrateurs des sociétés de droit français comparativement aux administrateurs de sociétés de droit étranger. Au SBF 120 (hors CAC), la différence est encore plus marquée, avec un différentiel qui atteint -47%. De quoi peser dans la balance lors des arbitrages des administrateurs internationaux.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

