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russel reynolds portrait directrice generale Florence Ferraton

Florence Ferraton : l'alchimie du recrutement

Aux manettes de Russell Reynolds France depuis un an, et dans le métier depuis vingt, la chasseuse de têtes est aux premières loges pour décrypter l'art de dénicher le bon profil.
Florence Ferraton, DG de Russel Reynolds France
Florence Ferraton, DG de Russel Reynolds France

Aujourd'hui le modèle d'une carrière de 30 ans chez L'Oréal est révolu. La flexibilité des cadres a poussé les cabinets de recrutement à se transformer au fil des besoins. "L'évolution s'est nettement accélérée ces dernières années", note Florence Ferraton, qui dirige depuis juin 2018 le bureau parisien de Russell Reynolds. Celle qui, alors jeune diplômée de l'ESLSCA et titulaire d'un DESS de commerce international de la Sorbonne, rêvait d'ailleurs d'entrer dans le groupe L'Oréal, n'y aura finalement jamais été salariée.

"Juste avant de signer un contrat chez Lancôme, j'ai rencontré des gens de Dow Chemical. Ils étaient passionnés, enthousiastes et m'ont convaincu de les rejoindre." Sans aucun goût pour la chimie, Florence Ferraton y passe malgré tout huit années exceptionnelles, d'apprentissage, de découvertes des grandes entreprises. "J'ai appris à comprendre les besoins des clients dont je ne comprenais pas l'activité", résume-t-elle en souriant. Un atout sur lequel elle capitalise, lorsqu'après un cycle d'expatriation en Suisse, impliquant de nombreux déplacements, celle qui était alors jeune mère de famille se met à aspirer à plus de stabilité. C'est là qu'elle bifurque vers le recrutement. D'abord chez Nicholson international, puis chez Russell Reynolds qu'elle rejoint en 2004.

Elle devient responsable de l'activité consumer, comprenant les secteurs luxe, retail, leisure et hospitality, d'abord pour la France, puis pour l'Europe et enfin pour le monde entier, avant d'être nommée - en plus - directrice générale France l'an dernier, et d'intégrer le comité exécutif du groupe. Le cabinet est spécialisé sur la recherche de hauts dirigeants, CEO, administrateurs, membres des comex… À Paris, ses 17 consultants opèrent 200 à 250 recrutements chaque année.

"En 15 ans, le métier a considérablement changé. À l’époque, nous étions vraiment dans la chasse. Aujourd'hui, nous avons évolué vers plus de conseil et d'analyse de la stratégie des clients, ce qui permet de proposer des solutions sur-mesure." Un glissement incontournable qui permet de résister à la baisse des missions de recrutement de middle management que les entreprises internalisent de plus en plus. "Grâce aux facilités offertes par les outils digitaux, elles ne passent plus par nous pour ces postes et recrutent directement via les réseaux, notamment LinkedIn."

En parallèle, les entreprises sont à l'affût de conseils pour préparer un plan de succession, composer une nouvelle équipe, évaluer les compétences individuelles. Des décisions importantes pour mener à bien leur transformation, rendues indispensables pour intégrer le digital bien sûr, mais aussi répondre aux aspirations des consommateurs, collaborateurs et investisseurs de développer la RSE et répondre aux attentes en matière de diversité.

"Il y a eu une vraie inflexion après la mise en place de quotas de femmes dans les conseils d'administration," se réjouit Florence Ferraton. "Maintenant il faut poursuivre en féminisant les comités exécutifs." De même, "le critère de RSE est encore émergent mais monte depuis cinq ans. Pour ne pas être perçu comme un gadget, le projet doit être porté par le conseil d'administration et distillé à tous les niveaux dans l'entreprise."

Ce sont des éléments auxquels les jeunes diplômés font de plus en plus attention. Ils attendent de l'entreprise une vraie transparence sur ces sujets constitutifs de la culture d'un groupe. Et ces jeunes diplômés, ce sont les leaders de demain.

"Nous faisons une veille active dans le monde entier avec un focus particulier sur les cadres au bout d'un cycle professionnel, qui regardent à l'extérieur, ou qui terminent une expatriation. Certains peuvent être d'excellents experts techniques et c'est à nous d'évaluer leur potentiel à devenir ensuite des leaders pour proposer leurs profils à nos clients." Qualités intrinsèques, facteur de motivation et facteur de déraillement sont analysés par les équipes de Florence Ferraton. Tout compte pour aligner au mieux les besoins de l'entreprise et les envies des candidats. Un job "complexe" car "tout passe par l'humain et il n'y a donc pas de contrôle à 100 %". Mais c'est une alchimie qui l'enthousiasme. Cette passionnée de théâtre, qui pratique le yoga et la zumba, le vit avec exaltation. "Mon métier me nourrit tous les jours, j'ai la grande chance de ne jamais connaître de lassitude", confie-t-elle.

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