L’Asie, terre d’opportunités pour Deutsche Bank
En mai dernier, le nouveau patron de Deutsche Bank, Christian Sewing, a annoncé la suppression de plus de 7.000 postes. Ainsi, dans le cadre d’un vaste plan de restructuration destiné à réduire les coûts et à retrouver de la rentabilité, les effectifs de l’établissement devaient passer de 97.000 à moins de 90.000. Si une bonne partie des fonctions visées touchent la banque d’investissement, certaines entités et parties du monde sont épargnées, voire mieux. Certaines embauchent. C’est le cas des activités de gestion de fortune en Asie.
La banque privée continue de recruter, et ce même après s’être déjà adjoint les services de près de 100 chargés de relations clients et d'équipes support. C’est ce qu’a indiqué Lok Yim, patron de la gestion de fortune pour la région Asie-Pacifique, dans une interview accordée à Bloomberg. « Je ne pense pas qu’il y ait une limite, mise à part ce que nous pouvons absorber », a précisé le diplômé de Cambridge. Et d’ajouter que dans le cadre de pourparlers sur la stratégie avec Christian Sewing : « La discussion porte sur la question ‘de combien encore voulez-vous grandir’ ».
Les nouveaux spécialistes de la relation clients sont là pour séduire davantage de personnes fortunées. « Avec l’arrivée de nouveaux collègues, nous espérons que nous pourrons, dans un délai raisonnable, attirer de nouveaux clients sur la plateforme », déclare Lok Yim. La banque allemande n’est pas la seule à recruter. Sur les 20 plus grandes maisons, le nombre de gestionnaires de relations clients en Asie (hors Chine) a grimpé de 7% en un an, pour atteindre 5.843 âmes en 2017, selon les données d’Asian Private Banker, citées par le média américain.
La gestion de fortune en Asie, en Amérique et en Europe fait partie des secteurs porteurs de croissance pour la banque allemande. En termes d’actifs de patrimoine sous gestion, l’Asie est le deuxième marché le plus important de Deutsche Bank, après l’allemand, son marché domestique. Au total, l’établissement enregistrait 216 milliards d’euros d’actifs sous gestion fin juin, soit un nombre proche de celui de l’an passé. L’Asie compte pour 51 milliards (93 milliards pour l'Allemagne), contre 47 milliards d’euros à la même période en 2017. Lok Yim attribue cette augmentation aux nouvelles rentrées mais aussi à une valorisation plus importante des actifs.
Malgré la récente volatilité des marchés, Deutsche Bank continue de conseiller à ses riches clients de la région de maintenir leurs investissements, plutôt que de se tourner vers des valeurs refuges. « Nous ne pensons pas que ce soit le moment de rester sur du cash. Au contraire, nous restons pleinement investis, mais dans un environnement couvert », a expliqué le patron de l’Asie-Pacifique à Bloomberg. Et pas question de croître sans une bonne maîtrise des coûts. « Nous voulons grandir, mais de manière durable et sûre (…). Nous n’allons pas embaucher pour le plaisir d’embaucher », affirme Lok Yim.
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