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Bruno Le Maire ne peut se passer de Renault pour ses batteries
Mai 2019, les ministres de l'Économie français et allemand annonçaient le lancement d'un projet européen pour mettre sur pied un géant du secteur des batteries. Face aux défis environnementaux, la voiture électrique est promise à un essor massif et mondial. C’est pourquoi ce projet ambitieux surnommé “l’Airbus des batteries” espère reproduire le succès européen qu’a été le programme de la construction des avions Airbus dans les années 1970. Un projet franco-germano-européen, qui permet de ne plus dépendre de l’Asie qui est déjà en situation de quasi-monopole dans les batteries lithium ion. Grâce à ce projet colossal, des milliers d’emplois pourraient être créés en France, avec notamment la construction d'une usine pilote cette année qui entraînerait la création de 200 emplois, puis de deux usines de production pour 2023, en France et en Allemagne. Une raison de plus qui explique pourquoi le gouvernement veut pousser Renault à produire toutes ses futures voitures électriques en France.
Si Renault reste ouvert à ce projet, le groupe automobile continue pour l’instant à se tenir à distance de cette alliance sur la production de batteries et préfère se concentrer sur son propre projet d’usine de batterie. Du fait de ses liens privilégiés avec le japonais Nissan, le groupe au losange mis en particulier sur la construction d'une usine de batteries par le chinois Envision à Douai, dans le Nord. L’usine Envision de Douai pourrait consacrer la quasi-totalité de sa production à Renault. Le constructeur au losange n’entend donc toujours pas participer au projet ACC, fruit de la collaboration entre Total et PSA (qui a désormais fusionné avec Fiat Chrysler pour créer Stellantis). Or, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui veut que Renault "réorganise sa chaîne de production en France et dans le monde, pour pouvoir être plus efficace", reste insistant pour que Renault s’ajoute au projet. La participation de Renault avait pourtant été annoncée par Emmanuel Macron en mai 2020, lors de la présentation du plan de soutien à la filière automobile. Mais depuis l’avenir de Renault dans ACC reste en suspens… Le groupe semble déterminé à faire équipe avec Envision pour sa future usine de batterie.
Dans quelle mesure est-ce révélateur de ses intentions de partenariat ? Renault n'a pas définitivement arrêté sa décision. Contacté par WanSquare, le constructeur au losange indique qu'il devrait préciser sa position dans les jours ou semaines à venir.
En attendant, le Vieux continent reste face à un grand retard à rattraper en matière de production de batteries. Selon un rapport de la Commission européenne, aujourd’hui seulement 3 % des batteries mondiales sont produites en Europe, contre 12 % pour les États-Unis et enfin l’Asie domine avec 85 % de la production mondiale. Et c'est surtout la Chine qui s'est imposée dans ce secteur : environ la moitié des véhicules électriques vendus dans le monde entier le sont dans ce pays, avec une croissance exponentielle chaque année. L’objectif fixé est d’atteindre 48 GWh à l’horizon 2030, soit la production d’un million de batteries par an, qui représenterait de 10 à 15 % du marché européen.
En ce qui concerne le financement de ce projet ambitieux, la Commission européenne avait autorisé fin 2019 une aide publique d’un montant de 3,2 milliards d’euros répartis entre les différents États membres avec, en tête des investissements, l’Allemagne (1,25 milliard d’euros) et la France (960 millions d’euros). Puis suivent l’Italie, la Pologne, la Belgique, la Suède et enfin la Finlande. Cinq milliards d’investissements par les acteurs industriels viendront également s’ajouter à cette aide, soit, au final, un projet de plus de 8 milliards d’euros. Enfin, on compte au total 17 entreprises partenaires et 70 partenaires externes.
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