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Renault compte sur son envergure pour amortir la crise des semi-conducteurs
Le salon de l'automobile de Munich, qui a ouvert ses portes ce lundi, a vu, comme de coutume dans ce type de manifestations, les premières déclarations de dirigeants de grands groupes automobiles. Un sujet est particulièrement dans toutes les têtes en ce moment : la pénurie mondiale de semi-conducteurs et ses conséquences pour le secteur. Dans ce contexte, le dirigeant de Renault Luca de Meo a indiqué que le troisième trimestre serait plus difficile que prévu sur ce plan. "Nous espérions que le troisième trimestre soit meilleur, mais nous avons eu une poussée de coronavirus en Malaisie qui a bloqué quelques usines", a-t-il déclaré dans une interview à Reuters TV. Il a toutefois maintenu les prévisions précédentes du constructeur au losange sur les conséquences de la pénurie de puces, à savoir près de 200 000 véhicules non produits. Il compte en effet sur les derniers mois de l'année pour rattraper un troisième trimestre un peu difficile.
Dans un contexte où l'industrie automobile en France s'apprête à réaliser une année qui la ramènerait au creux de la vague des années 2013-2014, non pas par le manque de demande dans l'Hexagone mais bien par manque de composants pour réaliser ses véhicules. François Roudier, directeur de la communication pour la Plateforme de l'Automobile (PFA), joint par nos soins estime qu'il y a également un effet amplificateur des choix effectués par les groupes automobiles : ces derniers "affectent en priorité les composants aux véhicules leur permettant de dégager la plus grande marge commerciale possible, et ne cherchent donc pas à faire du volume leur priorité ".
Renault profite pleinement de son alliance avec Nissan pour espérer maintenir ses prévisions pour 2021, puisque l'envergure mondiale du groupe lui permet de lisser le plus possible les difficultés, grâce à la multiplicité de ses sites de productions et de ses fournisseurs. François Roudier souligne à ce propos que "lorsqu'il y a une crise, les petits constructeurs sont ceux qui souffrent le plus et ont beaucoup de mal à tirer leur épingle du jeu". En ce sens il n’est pas surprenant de voir Renault maintenir ses prévisions au sein d'un marché automobile qui peine à sortir du creux de la vague, "comparable à la période de 2013-2014", selon les propres mots du représentant de la PFA.
Le retour à une meilleure situation pour le secteur automobile est prévu pour l'horizon 2022-2023 par l'ensemble de la filière, et sera permis essentiellement par une hausse des importations de puces en provenance essentiellement de l'Asie. Ce ne sera pas la fin de la vulnérabilité du groupe français à ces soucis, puisqu'il faudra compter plusieurs années pour voir la production de semi-conducteurs augmenter, tant par la hausse des capacités des producteurs déjà présents en Europe que par la concrétisation des projets d'installations, comme celui annoncé par Intel. Les pouvoirs publics ayant décidé d'en faire une priorité lors des prochaines années, le directeur général du groupe américain a ainsi été reçu notamment par Mario Draghi (président du conseil italien) et par le Président Emmanuel Macron.
La collaboration de Renault avec le géant américain des semi-conducteurs Qualcomm, annoncée ce lundi, rentre dans le cadre de cette recherche d'avoir le meilleur approvisionnement possible sur le long terme. À l'instar du groupe au losange, les autres constructeurs vont de plus en plus régulièrement collaborer avec des producteurs de semi-conducteur, pour lesquels le marché automobile ne représente que 10 % de leur chiffre d’affaires en moyenne, accaparés par leur poule aux œufs d'ors que sont les téléphones et les ordinateurs. Une démarche qui n'est pas entamée uniquement pour résoudre les besoins actuels en termes de composants, mais surtout pour prévenir ceux à venir. Les besoins de pièces pour un véhicule pourraient être augmentés par quatre ou cinq dans les 5 prochaines années, tout en nécessitant une technologie toujours plus complexe.
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