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Macro-économie / Taux / Industrie automobile / Angela Merkel / Indicateurs macros

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Industrie automobile / Angela Merkel / Indicateurs macros

L'industrie allemande au bord du gouffre

La production industrielle outre-Rhin a enregistré sa plus forte chute sur un an depuis 2009. Le pays, qui a échappé de peu à la récession au troisième trimestre de cette année, pourrait ne pas y couper l'an prochain.
Alstom - Belfort - industrie - usine - fabrication - turbines
Alstom - Belfort - industrie - usine - fabrication - turbines

L'industrie allemande va de mal en pis, et avec elle, c'est bien tout le pays qui s'essouffle, comme l'ont montré les multiples révisions à la baisse des perspectives de la croissance allemande pour cette année (0,5% de hausse prévue selon le gouvernement) et l'an prochain (1%). Le ministère des finances outre-Rhin a ainsi annoncé ce matin que la production industrielle du pays avait reculé de 1,7% sur le mois d'octobre, alors que le consensus tablait plutôt sur une progression de 0,1%, et après une baisse de 0,6% déjà le mois précédent. Sur un an, la production industrielle a donc reculé de 5,7%, ce qui représente la plus forte chute depuis 2009, soulignant l'ampleur de la crise que traverse le secteur manufacturier allemand. Les chiffres de ce matin sont d'autant plus inquiétants pour l'évolution du secteur, que la dégradation n'est pas due à des éléments volatils : en excluant la production d'énergie et de matériaux de construction, la chute reste toute aussi importante. Et c'est même la production de biens manufacturiers qui a le plus reculé en octobre (-4,4%).

Les raisons de l'effondrement du secteur sont plutôt à chercher du côté de la demande que de l'offre. Côté offre en effet, les deux facteurs de ralentissement -pénurie de main-d’œuvre qualifiée et manque d'équipement pour produire- ne sont plus aussi importants que l'an dernier, et les chiffres se sont stabilisés aux niveaux de 2017. En revanche, la demande a clairement marqué le pas, comme les chiffres des carnets de commandes publiés hier l'ont démontré : Destatis a ainsi dévoilé un recul des carnets d'ordres de 0,4% sur le mois d'octobre, et de -1,4% en excluant les commandes de gros contrats, types avions.

Une diminution des commandes directement liée au ralentissement économique mondial dans un contexte de guerre commerciale, qui impacte particulièrement l'Allemagne, au modèle fortement exportateur. L'industrie automobile est l'une des plus pénalisées, l'Association de l'industrie automobile ayant d'ailleurs déclaré avoir vendu 4 millions de véhicules de moins que l'an dernier. Le secteur prévoit une poursuite du ralentissement des ventes l'an prochain et annoncé d'importantes réductions de ses effectifs. Audi et Mercedes Benz ont ainsi supprimé 20.000 postes sur cette seule année, et les effectifs pourraient encore diminuer l'an prochain, en fonction de l'évolution des tensions commerciales. 

Dans ces conditions, et alors que le pays a échappé de peu à la récession au troisième trimestre, quelles sont les perspectives pour la conjoncture du pays à court et moyen terme ? "Les indicateurs réels et avancés sont de mauvais augure pour l'activité industrielle dans les mois à venir", estime pour sa part Carsten Brzeski, économiste chez ING. "Les anticipations de production montrent des signes très timides de stabilisation mais à de faibles niveaux, tandis que les carnets de commandes continuent de se contracter et les niveaux de stocks restent élevés", poursuit l'économiste. "Les conflits commerciaux, l'incertitude mondiale et les perturbations dans l'industrie automobile ont mis toute l'industrie allemande dans une impasse, à laquelle il sera difficile d'échapper". Si le pays a finalement progressé de 0,1% entre juillet et septembre, évitant la récession, toutes les données publiées depuis un mois laissent penser que le PIB allemand pourrait de nouveau se contracter au dernier trimestre de cette année. "Nous continuons de penser qu'une récession est plus que probable dans les prochains trimestres", conclut de son côté Andrew Kenningham, chef économiste Europe chez Capital Economics.

 

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