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Industrie automobile / Allemagne / Brexit
Brexit : 100.000 emplois supprimés dans l'industrie allemande
Décidément, l'industrie allemande - et en particulier le secteur automobile - vit des heures mouvementées. Après s'être effondré en fin d'année dernière en raison de difficultés à adopter les nouvelles normes d'homologation WLTP, et après que Donald Trump a menacé d'augmenter les droits de douane sur les importations de véhicules européens, un autre facteur pourrait contribuer à plomber l'industrie. La sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord. Selon un rapport publié par l’Institut für Wirtschaftsforschung Halle, un des principaux instituts de recherche économique allemand, un Hard Brexit entraînerait la disparition de 100.000 emplois en Allemagne.
"Les effets d'une sortie sans accord sur l'emploi se feront surtout sentir sur les sites automobiles", a ainsi déclaré l'un des auteurs de l'étude dans le Welt am Sonntag. En cause notamment : une hausse des tarifs douaniers pour les véhicules allemands exportés vers la Grande-Bretagne. Selon les chercheurs, environ 15.000 emplois, soit un peu moins de 1 % de tous les salariés de l'industrie automobile allemande, dépendent directement ou indirectement des exportations vers les îles britanniques.
Les deux auteurs de l'étude ont notamment étudié l'impact d'un Hard Brexit sur chacun des Landers et principales villes allemandes, et conclu que les villes de Wolfsburg en Basse-Saxe (500 employés concernés) et de Dingolfing-Landau en Basse Bavière (265 emplois menacés), seraient les plus sévèrement touchées, puisque Volkswagen et BMW, ainsi que les équipementiers automobiles, sont actuellement les plus gros employeurs de ces régions. Le sud de la Westphalie, qui abrite de nombreuses PME allemandes exportatrices, serait également touché par un Hard Brexit (700 emplois menacés) toujours selon l'institut allemand. Les emplois en Allemagne de l'Est seraient en revanche moins menacés.
Les chercheurs ont fondé leurs estimations sur un Hard Brexit qui entraînerait une chute de 25 % environ des importations européennes en Grande-Bretagne, à la fois en raison de la hausse des tarifs douaniers et du risque de récession pour le pays, immédiatement après la sortie de l'UE. Rappelons que la Grande-Bretagne a dévoilé ce matin un PIB en hausse de 0,2 % seulement sur le dernier trimestre de 2018, après une hausse de 0,6 % au troisième trimestre, qui laisse présager d'un ralentissement encore plus marqué cette année, vu les incertitudes liées à la sortie du pays, ont estimé les équipes de Capital Economics.
L'Allemagne étant le premier pays exportateur d'Europe serait naturellement le plus touché par une sortie sans aucun accord, et aucun pays "ne souffrira dans les mêmes proportions", ont ainsi déclaré les chercheurs allemands. Selon eux, l'impact d'un Hard Brexit serait de 612.000 postes dans le monde, dont 179.000 emplois détruits dans l'UE et 100.000 en Allemagne donc.
L'étude ne précise cependant pas dans quelle mesure une partie des emplois réalisés en Grande-Bretagne pourrait désormais être transférée dans un autre pays post-Brexit ; ce qui pourrait compenser les pertes subies par les industries fortement exportatrices vers le Royaume-Uni. Il y a quelques jours, Nissan annonçait en effet que la production de ses crossover X-Trail serait réalisée dans son usine de Kyushu, au Japon, plutôt qu'à Sunderland, contrairement à ce qu'il avait annoncé en 2016. De même, Airbus a menacé de réduire l'activité de ses sites britanniques pour en rapatrier la production en France ou en Allemagne en cas de Hard Brexit. Ce qui créerait par conséquent de nouveaux postes sur le Vieux Continent.
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