WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Indicateurs macros / Allemagne / croissance

Indicateurs macros
Allemagne / croissance

Croissance : l'Allemagne nargue ses voisins

Le pays a dévoilé un PIB en hausse de 0,5% au deuxième trimestre, grâce à une consommation soutenue et une reprise des investissements. Les analystes restent cependant prudents concernant la seconde partie de l'année, notamment en raison du risque de reprise des tensions commerciales.
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

L'Allemagne aura finalement mieux performé que prévu au deuxième trimestre, malgré une longue liste de facteurs qui auraient pu peser sur son PIB et cités par les analystes en amont de la publication. Ceux-ci prévoyaient ainsi une croissance de 0,4% à peine entre avril et juin, craignant que la vigueur de l'hiver, une période prolongée de vacances et de longs week-ends mais surtout les tensions commerciales entre les Etats-Unis et l'Europe n'aient pénalisé la croissance du pays. Mais le pays a résisté et affiché une hausse de son PIB de 0,5% sur la période et révisé à la hausse celui du premier trimestre, de 0,3% à 0,4%. Si le détail de la composition du PIB ne sera dévoilé que le 24 août, l'office des statistiques allemand a tout même affirmé que la consommation des ménages et la reprise des investissements avaient notamment boosté la croissance du pays au deuxième trimestre. Deux semaines après que la France a dévoilé un PIB décevant, en hausse de 0,3% seulement, l'Allemagne caracole donc en tête des pays de la zone euro, aux côtés des Pays-Bas qui ont de leur côté affiché une croissance de 0,7% entre avril et juin. Ces bons résultats ont permis à Eurostat de revoir à la hausse son estimation de croissance pour la zone euro au deuxième trimestre, de 0,3% à 0,4%. Ce qui, selon Jack Allen, senior économiste chez Capital Economics, devrait conforter le programme de sortie de QE de Mario Draghi. 

Toute la question est désormais de savoir si le principal moteur de la zone euro pourra continuer sur cette lancée au second semestre. Et sur le sujet, les analystes sont assez divisés. Ainsi, selon Jessica Hinds, de Capital Economics, les dernières enquêtes de confiance sont plutôt bien orientées, l'indice PMI composite pour juin et juillet s'étant amélioré et constituant un signal positif pour la conjoncture du pays au début du troisième trimestre. L'économiste estime par ailleurs que la faiblesse du chômage mais également une hausse des dépenses publiques en matière de politique familiale et de retraites devraient soutenir la consommation dans les prochains mois. Quid du risque de guerre commerciale ? Selon Jessica Hinds, le climat s'est plutôt apaisé ces dernières semaines, avec l'accord trouvé entre Trump et Juncker et le fait que les deux hommes d'Etats aient décidé de suspendre les mesures douanières tant que les discussions auraient lieu. 

Carsten Brzeski, économiste chez ING, est plus prudent sur le sujet. L'Allemagne sera en effet plus affectée que les autres pays de la zone euro, en cas de reprise des tensions commerciales, son économie étant très dépendante des exportations. La crise turque souligne par ailleurs que ce genre de tensions géopolitiques peut surgir à n'importe quel moment, et qu'il serait donc trop ambitieux de miser dès à présent sur une entente définitive entre l'Europe et les Etats-Unis. Même son de cloche du côté d'HSBC, dont l'économiste en chef Stefan Schilbe estime que l'emballement de la guerre commerciale est le principal facteur de risque pour la croissance allemande au second semestre. Certes, pour le moment, l'escalade des tensions a surtout affecté le moral des entreprises allemandes, mais ne s'est pas encore traduite dans les données brutes du pays, renchérit Carsten Brzeski. "Mais cela pourrait changer dans les prochains mois, en fonction de la tournure des négociations", conclut-il. Enfin, les difficultés politiques de la Chancelière allemande sont un autre facteur qui pourrait affecter le moral des entreprises et in fine peser sur la conjoncture du pays, alors que nombreux membres de son propre parti estiment qu'elle ne pourra achever son mandat. 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article