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Politique économique / déficit public / politique fiscale / croissance / Gérald Darmanin

Politique économique
déficit public / politique fiscale / croissance / Gérald Darmanin

Déficit public : Bercy trop optimiste ?

A l’horizon 2022, le gouvernement français table sur un excédent budgétaire. Mais au regard de l’état actuel de l’économie française et de la politique fiscale annoncée, difficile de comprendre comment Bercy va y parvenir.
Bercy - ministère de l’Economie et des Finances
Bercy - ministère de l’Economie et des Finances

Le 1er août dernier, Gérald Darmanin a abaissé la prévision de croissance pour la France en 2018 à 1,8%. A l’automne dernier, lors de la confection de la loi finances 2018, le gouvernement français tablait sur une croissance de 1,7%, mais s’aventurait en avril à rehausser la prévision à 2%. C’est dans ce contexte légèrement confus que le ministre de l’Action et des Comptes publics concluait début août : "Il faut attendre la fin du mois d'août, peut-être même le début du mois de septembre, pour être assuré du changement du taux de croissance, […] qui, quoi qu'il arrive, ne serait pas inférieur à 1,8 %". Malgré cette annonce, Bercy a laissé inchangé son objectif de déficit public à 2,3% du PIB pour 2018. Et mieux, le gouvernement a prévu un excédent budgétaire pour 2022. Du jamais vu depuis 1974.

Mais pour plusieurs raisons, ces estimations seraient peut-être trop optimistes. C’est tout l’objet d’une étude publiée ce matin par Natixis, intitulée La France veut-elle vraiment réduire son déficit public ?. En tenant compte de la situation actuelle du marché du travail et des engagements fiscaux du gouvernement français, "on voit que l’effort de réduction des dépenses publiques nécessaire pour ramener le déficit public annoncé en 2022 est [...] de l’ordre de 4 points de PIB". Soit passer à des dépenses publiques à hauteur de 55,1% du PIB en 2017 à 51,1% en 2022. Ce chiffre a été confirmé par le programme de stabilité envoyé à la Commission européenne en avril.

Compte tenu de la proportion relativement élevée d’entreprises françaises qui se trouvent en difficulté pour recruter, les capacités productives françaises sont largement exploitées. D’après les auteurs de l’étude, cela signifie qu’il reste peu de marges d’évolution au niveau de croissance actuel français, de l’ordre de 1,9% en 2017. Le gouvernement français table ainsi sur un taux à 1,7% pour les années 2020, 2021 et 2022. Or, si ce ne sont pas les perspectives rapides de croissance qui pourront alléger le déficit public français, il ne faut pas non plus compter sur les coupes budgétaires ou les recettes fiscales. D’après les prévisions de Natixis, la baisse des prélèvements obligatoires devrait atteindre 35,1 milliards d’euros en 2022. En tête de file, la baisse progressive du taux normal de l'IS de 33% à 25% et le dégrèvement de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Concernant les dépenses publiques, le gouvernement reste très évasif par rapport à la ligne de conduite qu’il souhaite épouser pour parvenir à son objectif.

Et toujours d’après l’étude, "il est permis de douter que ces baisses de dépenses publiques soient effectivement mises en place [...] Il faut alors s’interroger sur les conséquences (taux d’intérêt, réactions de la Commission européenne et du Conseil européen) d’un déficit qui resterait élevé en France". Pour le moment, le gouvernement refuse toujours de dévoiler ses cartes. Il faudra attendre la rentrée pour en connaître davantage sur le "ralentissement de la croissance de la dépense" promis par Emmanuel Macron.

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