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Politique économique / déficit public / excédent public / France / Allemagne / dette publique

Politique économique
déficit public / excédent public / France / Allemagne / dette publique

Excédent allemand contre déficit français

L’Allemagne a annoncé hier avoir dégagé un excédent budgétaire record de 59,1 milliards d’euros. Au même moment la France a annoncé avoir enregistré un déficit budgétaire de 76,1 milliards d’euros. Face au ralentissement économique qui s’annonce, l’Allemagne dispose, elle, de marges de manœuvre.
Angela Merkel - Emmanuel Macron - France - Allemagne
Angela Merkel - Emmanuel Macron - France - Allemagne

C’est un chiffre qui va faire rêver dans nos chaumières autant que dans les ministères. Nos voisins d’outre-Rhin, qui ne sont pas très différents de nous, ont dégagé l’an passé un excédent budgétaire record de 59,1 milliards d’euros. Ce qui représente une cagnotte supérieure de 25 milliards d’euros à celle enregistrée l’an passé et qui équivaut à 1,7 % de la richesse nationale allemande.

Dans le même temps la France, qui a entamé beaucoup de réformes, sauf celle de sa dépense publique a vu son déficit budgétaire atteindre l’an passé 76,1 milliards d’euros ; un montant supérieur de 8,3 milliards à celui de l’année précédente. Cela fait 44 ans que la France affiche année après année des déficits. De son côté l’Allemagne est systématiquement en excédent depuis 2014. Ce qui lui permet de se désendetter. Alors que l’accumulation de nos déficits fait que la France doit désormais supporter une dette de 2.300 milliards d’euros égale à une année de production de richesse.

Bien sûr on peut longuement déblatérer sur la rigueur allemande et la capacité de nos voisins à ne pas céder au laxisme. Bien sûr on peut trouver plein d’excuses à notre déficit budgétaire et même se féliciter qu’il soit désormais sous la barre des 3 % du PIB. Bien sûr on peut expliquer que l’État allemand n’a pas à supporter des dépenses sociales qui sont très importantes dans les dépenses publiques françaises et qui ne cessent d’augmenter.

Malgré tout la ténacité mise par Angela Merkel à rompre avec les déficits des années 2000, pendant que François Hollande allait prêcher à Bruxelles pour une augmentation de la dette via des Euro bonds, donne aujourd’hui à l’Allemagne deux avantages décisifs. Le premier, c’est que nos voisins voient désormais leur dette publique diminuer. Qui paie ses dettes s’enrichit. Mais surtout en agissant ainsi les dirigeants allemands allègent le fardeau d’une dette qui aurait pesé sur une population qui ne cesse de diminuer. Ce qui est la marque d’une grande responsabilité face à l’avenir et va permettre à nos voisins de conserver intacte leur cohésion sociale.

Le second avantage, c’est de pouvoir disposer d’une grosse "poire pour la soif" au moment même où la conjoncture économique se fait plus incertaine en Allemagne, du fait de sa dépendance à une économie chinoise qui ralentit très nettement. Un débat d’ailleurs a commencé à s’ouvrir au sein de la grande coalition SPD-CDU au pouvoir afin de voir si une partie de cet excédent pouvait être injectée ou non dans l’économie de manière à amortir un éventuel contre-cycle économique.

De son côté la France ne dispose d’aucune marge de manœuvre et sa cohésion sociale est en danger comme le montre la crise des "gilets jaunes". Ce qui a obligé Emmanuel Macron à mettre sur la table brutalement début décembre 10 milliards d’euros afin de soutenir le pouvoir d’achat des plus défavorisés. Mais ces 10 milliards ne sortent pas d’une cagnotte comme celle constituée par les Allemands. Ils vont venir grossir le déficit budgétaire qui va sans doute approcher cette année les 100 milliards d’euros.

Espérons que la concomitance des chiffres allemands et français fasse enfin comprendre aux parlementaires de notre pays, qui chaque année votent la loi de finances et approuvent ce déficit budgétaire, qu’il existe d’autres solutions. Mais le ralentissement économique, la crise sociale, sociétale et politique que connaît le Pays et les difficultés dans lesquelles se trouve le gouvernement rend tout changement de cap plus que compliqué aujourd’hui. Au risque de faire peser sur les générations futures un fardeau insoutenable.

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