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Politique économique / Allemagne / excédent public / croissance / Récession

Politique économique
Allemagne / excédent public / croissance / Récession

Allemagne : la paralysie par les oppositions

La percée du parti radical de droite aux élections régionales ne devrait pas aider la coalition au pouvoir à prendre les mesures économiques qui s'imposent.
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

Entre une faible mobilisation électorale et un désaveu politique, l’addition est lourde pour Angela Merkel à la suite des élections régionales. L'AfD - parti radical de la droite allemande - s’impose comme la deuxième puissance politique du pays et menace l’impérialisme de l’Union chrétienne démocrate de la chancelière allemande. L’AfD a eu l’effet d’un tsunami en Saxe et dans le Brandebourg, où le parti a atteint respectivement 28 % et 22,5 % des voix exprimées. L’extrême droite a plus que doublé son score dans les deux régions de l'ancienne RDA par rapport au scrutin de 2014, illustrant bien que même après trois décennies de réunification, l’Allemagne est toujours bel et bien segmentée.

Les quelque 5,5 millions de personnes qui ont été appelées à voter pour désigner leurs nouveaux parlements régionaux ont décidé que ces Länder ne seraient plus uniquement dirigés par le parti de l’exécutif allemand, mais par plusieurs idéologies antinomiques. Or, il est peu probable que les forces politiques élues parviennent à trouver des points d’accord permettant de mener une action politique commune. Le risque d’un Statu quo se dessine au-dessus de la tête des régions allemandes au moment où le pays a besoin d’une politique en mouvance pour sortir de sa léthargie économique.

Au second trimestre, l'Allemagne a accusé une récession technique de 0,1 % du PIB. Comme l’a écrit le prix Nobel d’Économie 2008, Paul Krugman le 19 août dernier, l’Allemagne est victime "de la ruineuse obsession de la dette publique". À constamment voir la politique budgétaire comme un danger et non comme un outil d’investissement, le pays souffre d’une insuffisance chronique de sa demande privée. Les entreprises comme les ménages ne dépensent pas suffisamment pour maintenir une économie vigoureuse et plutôt que de les stimuler au travers de jolies marges budgétaires, l’Allemagne laisse les symptômes persister.

Une chose est sûre, le regain de vitalité outre-Rhin ne tombera pas du ciel. L’exécutif doit agir. Mais la fragilité dans laquelle se retrouve la coalition au pouvoir entre la CDU et le SPD n’incitera pas Berlin à prendre des mesures phares. Les fragmentations politiques pourraient paralyser l’action politique jusqu’à l’automne 2021, période à laquelle la chancelière quittera officiellement la tête du pays après seize ans de bons et loyaux services.

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