WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Politique monétaire / Federal Reserve / Jerome Powell / Taux / Récession

Politique monétaire
Federal Reserve / Jerome Powell / Taux / Récession

Jerome Powell plus colombe que jamais

La Réserve Fédérale a maintenu ses taux et ne prévoit plus aucun resserrement monétaire en 2019, et s’est aussi engagée à mettre fin à la réduction de son bilan d’ici fin septembre. Jerome Powell se montre très prudent, mais doit néanmoins peaufiner son discours afin de contrer une éventuelle récession.
Jerome Powell
Jerome Powell

Après que ses propos ont été interprétés comme trop agressifs dans une période d’incertitude en fin d’année dernière, Jerome Powell a décidé de jouer la carte de la prudence. Et c’est le message principal qui est ressorti de l’ensemble des membres du comité de politique monétaire de la Fed en mars : non seulement la banque centrale américaine a comme prévu maintenu ses taux directeurs à leur niveau actuel (2,25-2,5 %), mais elle n’anticipe désormais plus de nouveau tour de vis cette année. Alors qu’ils n’étaient que deux lors des dernières projections en décembre 2018, ils ont été cette fois-ci 11 sur 17 à voter en faveur du statu quo cette année. Et en moyenne, la Réserve Fédérale ne mise plus que sur une seule hausse de taux jusqu’en 2021, contre trois en décembre dernier.

Et pour cause, la Réserve Fédérale a aussi revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la deuxième fois consécutive, si bien qu’elle n’entrevoit plus qu’une croissance de 2,1 % cette année, contre 2,3 % auparavant, notamment en raison de l’essoufflement de la conjoncture au plan mondial. Elle a également revu ses prévisions de chômage en hausse de 0,2 point à 3,7 % et celles de l’inflation en baisse de 0,1 point, à 1,8 %. "L’économie américaine est en bonne position, et nous allons utiliser les outils de la politique monétaire pour la maintenir comme cela", a indiqué Jerome Powell lors de sa conférence de presse. Mais il a aussi relevé un rapport décevant de l’emploi en février, les faibles ventes au détail en fin d’année dernière et surtout l’incapacité de l’inflation à maintenir un rythme proche de 2 % de façon continue. "Il se pourrait qu’il faille attendre un certain temps avant que les perspectives de l’emploi et d’inflation appellent un changement de politique", confirmant l’approche "patiente" de l’institution, un mot encore maintes fois répété.

Du côté de son bilan, la Fed a là aussi joué la sécurité, et annoncé qu’elle allait réduire puis mettre fin à ce programme. Dès mai, elle va réduire de 30 à 15 milliards de dollars les rédemptions de Treasuries mensuelles, tout en maintenant celles sur 20 milliards de dollars de prêts hypothécaires. Et elle l’arrêtera totalement à fin septembre 2019, soit deux ans après avoir entrepris de dégraisser un bilan record de 4.000 milliards de dollars.

Mais la question la plus brûlante est celle de savoir si ce ralentissement notable de l’économie mondiale est temporaire, ou pourrait conduire à une véritable récession. La Fed joue la prudence mais en stoppant tout resserrement monétaire, elle se prive de ces marges de manœuvre supplémentaires en cas d’une telle détérioration. À l’inverse, elle pourrait décider de prévenir cette récession en décidant de baisser les taux dès aujourd’hui, de façon préemptive. Mais ce serait sans compter sur le scénario d’un coup de pompe passager en Amérique, alors que les économistes interrogés par Macroeconomic Advisers misent sur un rebond de la croissance à u rythme annuel de 2,7 % au deuxième trimestre. La meilleure option semble donc être celle du statu quo, tout en montrant la façon proactive dont elle compte contrer tout retournement de la conjoncture. Jerome Powell doit donc peaufiner ses outils de communication, aussi efficaces que déstabilisateurs.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article