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Pourquoi l'euro/dollar s'effondre
L'euro s'effondre contre le dollar : aujourd'hui la monnaie unique se traitait à 1,1139 contre le billet vert, alors qu'elle s'échangeait encore à 1,133 il y a un mois, 1,143 début janvier et 1,224 il y a un an. Soit une baisse de près de 10 % en douze mois, et surtout un plus bas que l'euro n'avait pas atteint depuis juin 2017. Comment expliquer cette baisse de la monnaie unique, et/ou cette flambée relative du dollar ?
La divergence de politique monétaire a dans un premier temps permis d'expliquer la remontée du dollar contre l'euro, notamment au cours des second et troisième trimestres de l'an dernier. Ainsi, les bonnes nouvelles économiques aux États-Unis ont conduit le président de la Fed à accélérer le resserrement des taux directeurs, relevés à quatre reprises L'an dernier. Pendant ce temps, la BCE a certes annoncé la fin des achats de titres, mais n'a procédé à aucune hausse de taux, dans une conjoncture encore fragile pour le Vieux Continent.
Depuis le début de l'année pourtant, la Fed a elle aussi drastiquement changé de cap, face à la montée des incertitudes économiques et géopolitiques, en annonçant qu'il n'y aurait pas de nouvelles hausse de taux cette année. De ce point de vue, la BCE comme la Fed, ont influé l'une sur l'autre, Francfort ayant également décidé de reporter sa première hausse à 2020. Pourtant, l'euro continue de baisser contre le billet vert malgré cette relative entente de vue des banques centrales.
La réalité, c'est que les États-Unis bien, qu'inquiets du risque de ralentissement mondial, n'ont pour le moment pas montré de signal d'essoufflement de leur économie. Les chiffres de l'emploi continuent d'être bien orientés, avec des demandes d'allocation-chômage en baisse depuis le début de l'année, tandis que les indicateurs avancés et enquêtes de conjoncture demeurent eux aussi de très bonne facture. Certes, à compter de juillet prochain, les États-Unis auront connu leur plus longue phase d'expansion jamais enregistrée. Ce qui alerte les prévisionnistes depuis le début de l'année, qui redoutent que cette période de croissance inédite ne se termine très prochainement. Pour l'instant, pourtant, rien ne semble indiquer l'arrivée imminente d'une récession américaine.
Dans le même temps au contraire, les mauvaises nouvelles économiques s'accumulent au-dessus du ciel européen et en particulier au-dessus de l'économie allemande, considérée comme le principal moteur du Vieux Continent. Hier encore, la publication d'un indice Ifo du moral des entreprises allemandes, en recul, après une légère reprise en mars qui était venue clore un cycle de six mois consécutifs de baisse, a rappelé aux marchés que la reprise allemande n'était pas encore amorcée. Le gouvernement fédéral a d'ailleurs revu ses perspectives de croissance à 0,5 % seulement pour cette année, même s'il compte sur un rebond de l'économie dès l'an prochain.
Cette divergence de rythme de croissance explique donc presque autant que le différentiel de taux, la force du dollar par rapport à l'euro. Le billet vert s'est d'ailleurs apprécié contre l'ensemble des devises mondiales depuis quelques semaines, soulignant la très bonne tenue économique des États-Unis par rapport au reste du monde.
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