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Politique économique / Récession / Allemagne

Politique économique
Récession / Allemagne

Les journaux allemands défendent l'économie de leur pays

Alors que le gouvernement allemand a abaissé sa prévision de croissance à 0,5 % pour cette année, les médias du pays tentent de mettre un frein au catastrophisme ambiant. Et estiment que leur pays est loin de la récession.
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

"Les professionnels de la bourse se projettent de manière étonnamment optimiste sur la conjoncture allemande", prévient le Handelsblatt, alors que depuis plusieurs semaines, institutions allemandes ou internationales et instituts économiques diffusent plutôt des messages pessimistes. Cependant, "pour la sixième fois d'affilée, le baromètre ZEW a augmenté. Les analystes continuent à attendre une croissance forte en Allemagne", explique le site du quotidien économique et financier. En avril, l'indice est passé de -3,6 points à 3,1 points, "c'est ainsi la première fois en un an qu'il est de nouveau positif", souligne le Handelsblatt, "même s'il est encore loin de la moyenne des années de booms, autour des 20 points". Des propos qui se veulent rassurants, mais qui ont tout de même du mal à résister face à la nouvelle prévision de croissance dévoilée par le gouvernement allemand ce matin : le PIB du pays ne devrait finalement croître que de 0,5 % en 2019, contre 1 % précédemment anticipé. Et même le ministre de l'Economie Peter Altmaier, qui s'était jusque là montré confiant pour son pays, a déclaré dans le communiqué que la phase que traversait son pays "devait servir de signal d'alarme".

Pourtant, la Sueddeutsche Zeitung estime qu'en matière économique "l'état d'esprit est plus mauvais que la situation". "La situation sur les marchés serait améliorable. Mais les politiciens la transforment en une grande crise", estime le quotidien du sud du pays. "Aussi effrayantes puissent être les réminiscences de la 'grande récession', elles sont fausses. Car même si, dans les faits, les perspectives économiques se sont en effet assombries, on est loin d'une situation comme en 2009, lorsque toutes les économies ont chuté fortement et les taux de chômage ont grimpé en flèche". Pour autant, la SZ reste vigilante, car si l'idée que l'état d'esprit est pire que la réalité semble rassurante, "ce n'est pas le cas, car une mauvaise ambiance peut rapidement faire dégénérer une situation fragile".

"L'Europe fait face à une année fatidique", estime cependant le chef de la Deutsche Bank, Christian Sewing, dans une tribune publiée dans le Handelsblatt. "Des incertitudes politiques aux crises économiques, l'Europe a déjà traversé beaucoup de difficultés. Mais l'UE fait face à de nouvelles menaces". Pour le spécialiste, les défis ne concerneront pas que le champ politique, mais aussi la dimension économique. "Car nous sommes entourés de facteurs d'incertitudes. Le plus grand risque, selon moi, n'est ni dans les conflits commerciaux ni dans le Brexit ou dans un retour de la crise de la dette européenne. C'est beaucoup plus un phénomène qui sous-tend finalement tous ces développements : un nouveau nationalisme qui se développe – aux États-Unis comme dans beaucoup de pays européens. Cela rend le monde plus vulnérable aux chocs économiques. Parce qu'une politique commerciale concertée, qui a permis de surmonter la crise financière de 2008, est difficile à envisager dans la situation actuelle".

Quoi qu'il en soit, la CDU et la CSU veulent "réformer le commerce mondial", prévient le Handelsblatt dans un autre article. "L'Union veut remodeler le commerce mondial. Un document de travail évoque la défense d'un 'ordre économique libéral' comme objectif". "L'Union européenne et ses États membres doivent défendre ensemble cet ordre libre, en promouvant une modernisation des règles de l'OMC afin d'éliminer dans la mesure du possible les concurrences et les distorsions causées par des mesures unilatérales ou des structures non marchandes", explique le document.

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