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Politique économique / Angela Merkel / Allemagne

Politique économique
Angela Merkel / Allemagne

Merkel KO, quid après son départ ?

Il est désormais quasiment certain que la Chancelière ne terminera pas son mandat, comme le rappelle la presse allemande qui cite de nombreux députés de tous rangs sur le sujet. Qu'adviendra-t-il une fois Merkel partie ? Le risque est que l'AfD ne prenne encore plus de pouvoir, redoute l'édition allemande du Huffington Post.
Angela Merkel
Angela Merkel

Il y a quelques jours, de nombreux journaux allemands titraient "Merkel muss weg" "Merkel doit partir", reprenant l'injonction du ministre de l'Economie bavarois et membre de la CSU Franz Josef Pschierer, qui a ensuite enfoncé le clou dans un courrier en affirmant qu'il "était temps pour la Chancelière de s'en aller". La phrase, très dure, n'a pas manqué de faire mouche dans la presse et dans le pays. Et reflète tout à fait le climat politique délétère dans lequel la Chancelière tente de surnager, elle qui a perdu le soutien de son parti allié bavarois la CSU. Et si elle est finalement parvenue à trouver un compromis sur le sort des migrants lundi avec son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer qui avait menacé de démissionner la veille au soir, la mort politique à petit feu de la Chancelière ne fait plus beaucoup de doute, comme le soulignent les journaux allemands. 

Dans un long article paru sur la version allemande du Huffington Post, un journaliste s'interroge sur l'après Merkel et l'avenir politique du pays. "Merkel est malade", entame le site d'information. "Pire encore elle est finie. Elle est KO debout", poursuit le média, citant une interview du leader du groupe parlementaire de la CDU au journal Die Welt. Preuve que même au sein de son propre parti, la Chancelière est considérée comme finie. Le député a même ajouté : "Presqu'aucun d'entre nous n'imagine qu'elle atteindra la fin de la législature, même si elle est parvenue à éviter un clash avec  Seehofer". Et selon le quotidien politique, beaucoup d'autres membres de la CDU sont du même avis et estiment qu'"Angela Merkel pourrait quitter son poste beaucoup plus tôt que ce que certains imaginent".

Selon le Huffington Post pourtant, tant que la Chancelière est en poste, le parti d'extrême droite anti-immigration et anti-Europe AfD, qui a obtenu 12,6% des voix aux élections de septembre et 94 sièges à la Chambre des députés, pourra continuer de gagner en influence. "Madame Merkel est comme une assurance-vie pour nous, tant qu'elle est au pouvoir" a d'ailleurs déclaré récemment le chef du parti Alexander Gauland, cité par le média. 

Le journal a donc interrogé plusieurs politiciens allemands pour avoir leur avis quant à l'avenir de l'AfD et quant au futur politique du pays, une fois que la Chancelière aura quitté son poste, potentiellement avant la fin de son mandat donc. Selon Marcel Lewandowsky, professeur de politique économique à l'université Helmut-Schmidt de Hambourg, le parti AfD survivra sans problème à l'après Merkel, car ses électeurs n'ont pas voté pour le parti par opposition à la Chancelière, mais bien par adhésion aux idées qu'il propose. "L'AfD comble une lacune idéologique que la CDU/CSU ne pourra reconquérir sans se dénaturer. En outre, le débat sur les réfugiés, et plus globalement sur la politique d'intégration, ne prendra pas fin avec le départ d'Angela Merkel". 

Même avis de la part de Paulina Fröhlich, activiste politique qui s'est engagée contre la montée de l'extrême droite dans son pays. "Si la Chancelière a été l'ennemie la plus importante de l'AfD depuis sa création en 2013 et représente l'establishment contre lequel ils se battent, le parti n'a désormais plus besoin ni de la Chancelière ni des réfugiés criminels montés en bouc émissaires pour s'assurer du soutien populaire". Et selon l'activiste, même si Merkel quitte son poste, l'AfD accusera son successeur "d'être sculpté dans le même bois". Selon Achim Goerres, conseiller économique au sein de l'université de Duisburg-Essen, le départ de la Chancelière entraînera cependant une droitisation de la CDU/CSU ce qui affaiblira l'AfD. Un autre conseiller politique également cité par le Huffington Post, Johannes Hillje s'inquiète pour sa part de la montée en puissance de l'AfD auprès de l'électorat de gauche. Selon lui, de nombreux membres du partis commencent à s'adresser aux électeurs de gauche en discréditant le SPD et rappelant qu'il a délaissé les travailleurs en s'alliant avec les partis CDU/CSU. Une stratégie empruntée au Front National, selon le conseiller. 

Au niveau européen, Emmanuel Macron suit en tout cas de très près le conflit politique actuel qui oppose Angela Merkel et la CSU, raconte Die Zeit dans un article paru hier. "Macron se méfie de la CSU", titre ainsi le quotidien. Qui explique que "le Président français a besoin d'un Chancelier fort pour bâtir son plan de reconstruction de l'UE". Qui estime que l'avenir politique d'Emmanuel Macron ne dépend pas seulement du maintien en place de la coalition au pouvoir, mais surtout d'une Chancelière en position de force. Pour Emmanuel Macron, "toute la question maintenant est de savoir si le successeur d'Angela Merkel (sa ministre de la Défense Ursula Von Der Leyen ou Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée AKK et favorite pour prendre la suite d'Angela Merkel à la tête de la CDU, sont en bonne place) suivra une politique européenne similaire à la sienne"... conclut le quotidien. 

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