Vers une loi sur la question migratoire en Allemagne
Même au cœur de l'été, la question migratoire demeure au centre des débats outre-Rhin, après un printemps marqué par de vives tensions entre la Chancelière Angela Merkel et son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, sur fond de controverses autour de l'accueil de réfugiés. Le week-end dernier, la dirigeante s'est ainsi rendue en Espagne, signer, avec Pedro Sanchez, un accord permettant à l'Allemagne de renvoyer dans la péninsule ibérique les demandeurs d'asile enregistrés dans le pays mais étant partis en Allemagne. La Chancelière ne s'arrête cependant pas là : elle prévoit, d'ici fin décembre, la signature d'une loi concernant l'immigration. « L'Union a débattu pendant 20 ans sur l'instauration d'une loi sur l'immigration, note le Handelsblatt. Mais elle a désormais abandonné sa résistance ».
C'est le résultat des fortes tensions de juin dernier : « Un conflit acharné » qui « a failli mettre fin à la Grande coalition et provoquer la rupture de l'Union, entre la CDU et la CSU », souligne le quotidien. Mais désormais « le gouvernement s'est mis d'accord sur les points clés pour la loi sur l'immigration ». Le quotidien précise que les questions centrales ont été validées par les secrétaires d'Etat concernés, tant par la CDU, la CSU que le SPD. « La chancellerie a aussi été impliquée. »
Le document de travail, qui a pu être consulté par l'Agence France Presse et le Handeslblatt, « met l'accent sur les forces de travail disposant d'une formation professionnelle qualifiante », rapporte le Deutsche Post. « L'accent n'est pas mis sur les hauts diplômes mais sur les formations professionnelles. » Le document de travail met en avant le « manque de main d'oeuvre » comme un « risque significatif pour l'économie allemande ». C'est dans cette optique que l'immigration joue un rôle central : « La main d'oeuvre étrangère offre déjà aujourd'hui une contribution importante à la compétitivité de l'économie allemande ». Aussi, « l'immigration doit être adaptée aux besoins de notre économie », souligne le texte.
Malgré cette avancée, la situation d'Angela Merkel ne semble pas s'être stabilisée. Lors d'une visite à Dresde, pour rencontrer les représentants locaux de la CDU, ce jeudi, elle a été insultée par des manifestants, la décrivant comme une « traîtresse au peuple », rapporte le Huffington Post. Le site précise cependant que Dresde n'est pas une ville accueillante pour Angela Merkel : le mouvement Pegida et le parti AfD y sont très représentés. Mais la Chancelière ne s'est pas laissé déstabiliser : elle a poursuivi tranquillement son programme. Peu auparavant, elle avait déjà souligné : « La critique a cela de bon qu'elle nous rend encore plus actifs ».
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