Politique économique / Angela Merkel
Politique économique
Angela Merkel
Seehofer sur la sellette ?
Les remous se poursuivent autour de la crise politique au sein de la coalition allemande. Horst Seehofer, le chef de la CSU et ministre de l'Intérieur, traversant actuellement une relation houleuse avec la chancelière Angela Merkel, s'est présenté comme « la victime d'une campagne de ses opposants politiques », dans les colonnes du Augsburger Allgemeine. Il faut dire que la CSU, parti bavarois très fort dans son Land, fait face à des sondages historiquement bas pour les élections prévues en octobre prochain. Le parti ne recueillerait que 38% des suffrages, rapporte la version allemande du Hufftington Post, qui souligne une chute de trois points par rapport à mai. A l'inverse, les Verts gagnent deux points, atteignant 16% des intentions de vote... mais restant loin derrière la CSU. Cependant, le site nuance ces données : un Bavarois sur deux ne serait pas encore complètement fixé sur son vote.
Les dernières déclarations d'Horst Seehofer font réagir même au sein de son parti. La semaine dernière il s'est en effet félicité de « 69 expulsions pour son 69ème anniversaire ». Un cadeau qu'il « n'aurait pas demandé ». Pour le ministre de l'Intérieur, ces propos auraient été « totalement sortis de leur contexte ». Il n'empêche, après le suicide d'un jeune Afghan renvoyé dans son pays, ses propos ont soulevé de vives polémiques outre-Rhin.
La démission d'Horst Seehofer n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour. C'est en tout cas ce qu'affirme la secrétaire générale de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer. « Tant que Seehofer respecte l'accord de coalition », souligne la FAZ. « Cependant, d'après une étude, la majorité des Allemands perçoit Seehofer comme un 'fauteur de troubles' », poursuit le quotidien. Et 57% des personnes interrogées estiment qu'il n'est plus acceptable à son poste.
Quoi qu'il en soit, d'après les déclarations d'Horst Seehofer, « malgré le conflit sur la question de l'asile, il coopère très bien avec Angela Merkel (CDU) », rapporte Die Welt. « Madame Merkel et moi nous asseyons régulièrement à la chancellerie et disons : personne ne croira maintenant que, malgré toutes les différences, nous parlons complètement normalement ensemble », a-t-il relaté. Difficile à croire de l'extérieur. « Rien n'a plus profondément ébranlé les mandats de chancelière d'Angela Merkel que le conflit qui dure désormais depuis deux ans avec la CSU sur le traitement de la frontière allemande », souligne la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Le quotidien précise cependant que l'Union (CDU et CSU) parle d'une même voix depuis longtemps sur le sort à réserver aux frontières extérieures de l'UE. « Déjà dans un discours gouvernemental, le 24 septembre 2015, Merkel n'avait pas demandé seulement un meilleur contrôle des frontières extérieures, mais aussi leur protection ». Et la FAZ semble d'accord sur ce point : « la migration vers l'Europe n'est pas une fatalité. Elle peut être contrôlée – aussi pour le bien des migrants eux-mêmes ».
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